lundi 30 juin 2008

Réponse à Jean-Luc Légeron : L’Europe banzaï !

Jean-Luc a écrit :

Le chouchou de l'Union européenne boude Lisbonne : le chacun pour soi a encore gagné en Irlande

Peut-être faudrait-il un peu plus de retenue dans la satisfaction au refus irlandais du traité de Lisbonne?

L'Europe n'avance plus, et qui n'avance plus a de fortes chance de reculer.

Ce refus est surtout l'alliance de tous les conservatismes et de tous les nationalismes, de gauche comme de droite, comme ce fut le cas en France lors du rejet du TCE (du PC au front national, en passant par la LCR et les souverainistes de tous bords, comme de Villiers)

Le problème n'est pas tant qu'on s'oppose à ce traité, et finalement le traité n'y est pour rien, qui d'ailleurs se soucie de savoir si un président de l'union ou un ministre des affaires étrangères de l'union présenterait une utilité institutionnelle quelconque, mais qu'on se serve de ce refus pour fustiger une Europe considérée comme libérale, comme si c'était le mal absolu (c'est d'ailleurs pour ces valeurs libérales que les révolutionnaires de 1789, 1830, 1848, ont lutté...mais bon!).

Le problème est surtout qu'aujourd'hui, l'Europe me semble dans l'incapacité d'avancer sur le plan politique, chacun (les Français, les Irlandais, et les autres...) défend ses intérêts particuliers, veut avoir raison contre tous les autres avec l'incapacité d'imaginer un quelconque compromis possible entre des points de vue certes divergents, mais pour lesquels on peut tout de même envisager quelques aspects de compatibilité.


Ma réponse : l’ Europe banzaï !


Je me sens profondément européen, mais quelle Europe ? Une Europe à 27, à 50 membres, extensible à l’infini ? Une Europe au service des populations ? Une Europe au service du capitalisme financiarisé ? Une Europe simplement vassale des Etats-Unis ? Une Europe puissance ?

Avant de vouloir faire « avancer » l’Europe à n’importe quel prix, les populations devraient avoir le choix réel de la trajectoire. Or ce n’est pas le cas, puisque la Constitution a été concoctée par nos élites « éclairées » (à la bougie ?). Cette Constitution jetée par la porte du référendum, en France et aux Pays-Bas, est revenue par la fenêtre de l’adoption parlementaire sous la forme du traité de Lisbonne. Heureusement, les électeurs irlandais ont fait le choix du rejet dudit traité. Mais nos élites politiques « bien pensantes » savent ce qui est bon pour les « masses populaires »… et ce Cons-Traité va réapparaître sous un autre déguisement.

Comme tu l’écris : « l’Europe n’avance plus, et qui n’avance plus a de fortes chances de reculer ». Cet argument fait appel au sens commun, comme le font souvent les néolibéraux pour justifier leurs choix : « travailler plus pour gagner plus »… Une telle démarche peut conduire à des absurdités : pour résoudre le problème de la faim dans le Monde, il n’y a qu’à donner des lits aux affamés car « qui dort dîne ! ».

Le « refus » de l’Europe serait le fait de « l’alliance de tous les conservatismes ». Là encore, tu fais appel à un argument facile qu’emploient les tenants de la « pensée unique ». La « vérité », tu nous le dis, est que l’Europe c’est bien, c’est le progrès, c’est le seul choix légitime !
Pour ceux qui oseraient contester cette vérité première, il y a deux options :
- ce sont des ignorants, ils n’ont pas compris, et, dans ce cas, il suffit de leur expliquer, de leur apprendre le catéchisme (néolibéral) ;
- ce sont d’horribles réactionnaires (cons de gauche ou de droite) dont l’avis n’est pas crédible…

Quant aux références aux révolutions françaises, je crois qu’il ne faut pas confondre libéralisme et liberté. Cela mériterait un long débat. Je ferais simplement une allusion à Marx qui distinguait la liberté formelle et la liberté réelle.

Enfin, tu écris : « le problème est surtout qu’aujourd’hui, l’Europe me semble dans l’incapacité d’avancer sur le plan politique »… « chacun défend ses intérêts particuliers »… Certes, mais il ne faut pas oublier que la politique recouvre l’économique et le social. Si l’Europe telle que nous la proposent la Constitution et le traité de Lisbonne ne se contentait pas de vouloir mettre en concurrence les pays membres, les systèmes sociaux, les systèmes fiscaux, les salariés… pour aller vers les moins disants, les égoïsmes que tu soulignes, trouveraient un terreau moins fertile au sein des populations.

Dans ce contexte d’égalisation par le bas et de paupérisation du plus grand nombre (sauf pour les riches qui le deviennent encore plus), il apparaît difficile de dégager un consensus, sauf à être kamikaze.

Banzaï !



vendredi 27 juin 2008

Daily motion : Licenciements

Hier, en allant promener mon chien (dont je ramasse les excréments, car je suis un maître responsable), je suis retombé sur Marcel d’Ambyvalance.

Le sentant très disposé à converser, j’ai proposé à Marcel de prendre un café (accompagné d’un verre d’eau) à la terrasse de chez Georgette.

Après avoir longuement disserté sur le climat qui se réchauffe tout en se refroidissant, Marcel a abordé le fonctionnement du Conseil de la ville d’Ambyvalance présidé par Anizé Bonhapéraud.

Le sport préféré du Conseil de la ville (pratiqué quotidiennement) est le vote de motions ou de bœux (ce sont comme des vœux, mais ça commence par un b). Ces bœux concernent des sujets divers et font l’objet d’un consensus entre la majorité et l’opposition.

Devant mon étonnement, Marcel m’a donné un exemple que je reprends dans son intégralité.

L’opposition, censée représenter les « petites gens », les salariés, les exploités… avait proposé au Conseil de la ville le bœu suivant :

« Il faut interdire aux capitalistes, qui font d’énormes bénéfices sur le dos des salariés, de licencier leur personnel pour augmenter encore leurs profits ».

La majorité, émanation des intérêts des puissants, ne pouvait tolérer un tel texte jugé, en privé, « révolutionnaire ».

Pour aboutir à un consensus acceptable par les deux parties, de longues négociations ont été nécessaires (notamment plusieurs séances de nuit).

Le bœu consensuel adopté à l’unanimité du Conseil est le suivant :

« Les entreprises réalisent des bénéfices, justifiés par la prise de risques, qui leur permettent d’investir pour accroître la richesse de notre pays. Ces entreprises ne devraient licencier du personnel qu’en dernier recours, après avoir envisagé toutes les possibilités à travers une large concertation entre toutes les parties prenantes, et en ayant pris soin de proposer, pour chaque personne touchée par la restructuration, une démarche d’accompagnement social dans le cadre des dispositifs publics ».

A l’issue du vote, la majorité s’est congratulée pour avoir vidé de son sens la proposition initiale de l’opposition, tout en donnant l’impression aux électeurs de faire du « social ».

L’opposition, quant à elle, a largement communiqué en direction des salariés en leur présentant ce bœu comme un premier pas vers la satisfaction de leurs revendications. Un petit pas, certes, mais qui, ajouté à un autre, arrive à faire un grand pas en avant (surtout lorsqu’on est au bord du gouffre).

Avant tout, ces bœux servent conjointement les intérêts des élus de la majorité et ceux de l’opposition. La classe politique a compris (bien avant Sarkozy) l’importance de la communication : il faut, à tout prix, s’exprimer sur n’importe quel sujet, s’agiter, brasser de l’air… pour montrer à la population (en fait aux électeurs) qu’on est sensible à ses préoccupations et qu'on "agit".

Commentaire d’un licencié : « ils nous prennent pour des bœufs, cette motion n’est qu’un grand coup d’épée dans l’eau, qu’un pet de nonne, qu’une mascarade… je suis dégoûté par la classe politique ».


That’s all folks !…
(Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite)…

mardi 24 juin 2008

Danger rue Roustaing

Sur la fin de la rue Roustaing, à hauteur du numéro 163, de nombreuses automobiles stationnent sur le trottoir (qui n’est pas aménagé) gênant la circulation des piétons et particulièrement des parents qui accompagnent leurs enfants à l’école Albert Camus.

Ce stationnement « sauvage » générateur de danger pour les piétons est principalement dû au fait que la « résidence » située à ce niveau de la rue Roustaing ne propose pas suffisamment de places de parking par rapport au nombre de véhicules appartenant aux résidents.

Monsieur le Maire, il semble que vous ayez déjà été informé de ce problème ? Que comptez-vous faire ?






samedi 14 juin 2008

Coupe d'Europe : Dublin 1 - Lisbonne 0

L'évênement le plus marquant d'hier n'est pas la défaite de l'équipe de France face aux Pays-Bas, mais le "non" irlandais au traité de Lisbonne (Mini traité européen ou Constitution européenne déguisée).

L'adoption de la Constitution européenne s'était heurtée aux "non" hollandais et français. Pourtant cette Constitution balisait l'avenir "heureux" des européens. Les peuples frondeurs n'ayant rien compris, il fallait se passer de leur avis.

Chassée par la grande porte, la Constitution relookée, déguisée en mini traité ou traité de Lisbonne, est revenue par la fenêtre de l'adoption parlementaire qui évite le référendum populaire. C'est ce qu'on a appelé le plan B.

Le maintien de l'adoption par référendum en Irlande était censé ne pas poser de problème car ce pays doit tant à l'Europe.

Manque de chance, hier les irlandais ont dit "non", mettant un grain de sable dans les rouages bien huilés de la construction d'une Europe néolibérale.

Bien sûr, nos "élites politiques", de droite comme de gauche, relayées par les médias aux ordres, vont nous expliquer que les irlandais sont des ingrats et des égoïstes. Ingrats parce qu'ils ont bénéficié plus que les autres des "largesses" financières de l'Europe. Egoïstes car, eux qui ont tant reçu, refusent de partager les fruits de leur croissance.

Malgré tout, le "non" irlandais n'est qu'un épiphénomène. Nos "élites" ont certainement un plan C dans leurs tiroirs, un micro traité qui reprendra l'essentiel de la défunte Constitution, du défunt mini traité de Libonne, sous une forme encore plus "ésotérique".

Le "peuple" ignorant étant incapable d'apprécier ce qui est bon pour lui, il faut à tout prix lui imposer la "vérité".

La vérité c'est : "travailler plus pour gagner plus", travailler plus longtemps, moins de protection sociale, moins de pouvoir d'achat, des retraites allégées...

"Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front" !

mardi 10 juin 2008

Diffuser l'information

Au lendemain des élections municipales, j'ai créé ce blogue pour que les Talençaises et les Talençais aient accès à une INFO VRAIE... sur leur ville, mais aussi sur leur environnement proche ou plus éloigné.

Vous qui visitez ce blogue, si les articles vous paraissent intéressants, faites le connaitre à vos amis, vos connaissances...

Merci....

Modération des commentaires

Sur ce blogue les commentaires laissés par les internautes sont modérés.
En effet, je ne peux publier des commentaires à caractère diffamatoire ou comportant des affirmations "gratuites", c'est à dire non fondées sur des éléments vérifiables et irréfutables.
Pour tout renseignement, pour me communiquer des informations, pour toute demande.... vous pouvez me contacter à l'adresse suivante : bd.conte@gmail.com

dimanche 8 juin 2008

Fin de campagne électorale

En raison de la fin de la campagne électorale pour les élections cantonales, ce blogue n'est plus (temporairement) actualisé jusqu'à la fin du scrutin.

vendredi 6 juin 2008

Euthanasie

Ce matin sur une radio, j’ai entendu que les 100 plus hauts revenus ne payaient pas d’impôt. Par le biais de niches fiscales, d’investissements défiscalisés… ils se débrouillent pour échapper à notre devoir commun de solidarité pour financer les services publics.

Au bas de l’échelle sociale, les plus pauvres ne contribuent pas à l’effort commun et c’est légitime.

En conséquence, la fiscalité repose principalement sur la « classe moyenne » qui voit son pouvoir d’achat sans cesse érodé.

L’ambition du néolibéralisme (avec, en France, Sarkozy à sa tête) est d’euthanasier la classe moyenne et de mettre l’État au service du capitalisme financiarisé, par exemple : en privatisant les autoroutes, en interdisant la publicité sur les chaînes publiques de télévision… en cassant le droit du travail, en délitant la protection sociale…

La stratégie est simple : le gouvernement prend des mesures qui augmentent les profits privés et réduisent d’autant les recettes du budget de l’État. Il invoque ensuite les déficits pour justifier une baisse des dépenses (notamment sociales) et de nouvelles privatisations (EDF, etc.).

A terme, devrait disparaître la classe moyenne, porteuse de revendications, de progrès social, de volonté de bien-être accru… La paupérisation de la classe moyenne réduira sa capacité revendicative, laissant libre cours à la croissance des profits que les néolibéraux croient infinie.

En effet, quand il faut lutter quotidiennement pour assurer sa « survie » et celle des siens, on a moins tendance à revendiquer, à descendre dans la rue… pour un maintien ou un accroissement de son pouvoir d’achat et de sa protection sociale.

Mais, qui sait, des "jacqueries" seront toujours possibles !

mercredi 4 juin 2008

Tourteau

Dans deux précédents articles, je me suis intéressé aux indemnités des élus au sein du Conseil municipal ainsi qu'à celles versées par Talence gestion équipements (TGE).

Dans ce nouvel article, j'ai intégré les indemnités versées par la CUB. Vous trouverez dans le tableau ci-après le cumul annuel des indemnités des élus de la majorité au Conseil municipal de Talence.

Les totaux comprennent les indemnités d'élu municipal, d'élu à la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) ainsi que celles afférentes à Talence gestion équipements (TGE). Le cumul des indemnités annuelles est donné par montant décroissant.

Le coût annuel total approche le demi-million d'euros...

Il convient de noter que, malgré le soin apporté à la confection du tableau, une erreur de calcul est toujours possible. Il se peut également que le tableau soit incomplet. Je fais confiance aux lecteurs pour m'indiquer un éventuel oubli ou une erreur.

mardi 3 juin 2008

Le Klimacetan

Décidément la vie est pleine de surprises… Hier, en allant acheter ma baguette de pain à 1,20 € (7,80 francs), je suis tombé sur Léon, un ami de trente-deux ans. Léon revient d’une contrée lointaine : le Klimacetan.

Devant un café (accompagné d’un verre d’eau) à la terrasse de chez Georgette, Léon m’a dressé un portrait de cette région et de ses habitants.

Fait original, là-bas, le climat est déterminé et géré par deux personnes indépendantes des partis politiques : les sœurs Mait et Oh Raulogik (qui font la pluie et le beau temps!). Les deux grands partis politiques locaux, le « Hot » qui représente les gens d’en haut et le « Bat » qui défend les intérêts des gens du bas de l’échelle sociale, adressent des vœux à Mesdames Raulogik pour le climat à venir. Ces vœux doivent faire l’objet d’un consensus entre les deux partis théoriquement opposés.

Devant mon incrédulité, Léon m’a donné l’exemple du consensus sur la demande de climat pour l’été prochain que je reprends in extenso.


Consensus du « Hot » et du « Bat » sur le climat pour l’été prochain à l’attention de Mesdames Mait et Oh Raulogik


Principalement située sur la façade maritime de notre région, l’industrie touristique fait vivre de nombreuses entreprises qui emploient un nombre important de salariés. Il conviendrait que nous ayons un été chaud et ensoleillé pour que les touristes puissent pleinement profiter des activités qui leur sont proposées.

L’agriculture est aussi un secteur majeur de notre économie. Pour obtenir de bonnes récoltes, afin d’éviter toute crise alimentaire génératrice d’inflation, les agriculteurs souhaitent un été pas trop chaud et assez pluvieux (mais pas trop quand même !).

Le secteur de l’énergie ne peut être ignoré : les propriétaires de champs d’éoliennes réclament un été venté (mais pas de cyclones !), à défaut, on pourrait craindre des coupures d’électricité nuisibles à l’activité économique.

La population du massif de l’Hymne-a-laya, qui a été rattaché à notre région lors du dernier redécoupage territorial, réclame un été plutôt froid, avec quelques chutes de neige en haute altitude (mais pas de brouillard tenace !), afin de permettre aux skieurs d’été de s’adonner pleinement à leur sport.

Il serait inadmissible que l’industrie touristique en arrive à licencier, que la pénurie agricole engendre une hausse des prix nuisible au pouvoir d’achat des plus pauvres, que l’on subisse des coupures d’électricité, que la population de l’Hymne-a-laya, déjà touchée par un séisme, ne puisse bénéficier des revenus apportés par les skieurs…

En conséquence, après de longues et âpres négociations, nous, élus du « Hot » et du « Bat », émettons conjointement le vœu d’un été chaud mais également froid, ensoleillé mais pluvieux et venté juste ce qu’il faut.

Léon conclut sur le sujet en me disant qu’après cette motion, les élus du « Bat » se sont félicités d’avoir obtenu des « concessions » de la part de leurs adversaires, tandis que les élus du « Hot » se sont congratulés pour la « modération » des exigences arrachée aux élus du « Bat ».

That’s all folks !…
(Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite)…

lundi 2 juin 2008

Citation

"En ces temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire".

George Orwell, auteur de 1984