dimanche 2 décembre 2018

Gilets jaunes : le début de la fin ?


Gilets jaunes : le début de la fin ?


Bien que son origine ne soit pas déterminée de façon précise, le mouvement des gilets jaunes apparaît spontané et populaire, totalement en dehors des structures et des institutions de la démocratie de connivence (de copinage) gérée par l’État profond.



L’État profond c’est la structure permanente qui dirige la société en manipulant ses agents-marionnettes dans les domaines politique, syndical, médiatique, judiciaire, sécuritaire… L’État profond façonne la société dans l’objectif de toujours plus de profit, ce qui implique une exploitation accrue de la majorité de la population et la paupérisation qui s’en suit.



Parfois, il arrive que la société sous contrainte génère des « chocs » non anticipés par le système. Cela semble être le cas du mouvement des gilets jaunes, qui a fait tâche d’huile, et dont la base s’étend quasiment à l’ensemble des couches sociales.

L’élément déclencheur a été la hausse répétée du prix des carburants, mais très vite de multiples revendications se sont ajoutées aux doléances initiales.



Le mouvement paraît avoir surpris l’État profond pour un certain nombre de raisons :

·         Son ampleur,

·         La décentralisation des actions sur l’ensemble du territoire,

·         La non-violence et la convivialité,

·         L’élan de sympathie pour le mouvement dans l’opinion publique,

·         L’absence de leaders clairement identifiés.



L’État profond a horreur des évènements qui se développent en dehors de schémas connus et « codifiés » dont le système maîtrise le déroulement. En conséquence, il apparaît nécessaire d’infléchir la trajectoire du mouvement des gilets jaunes pour le faire entrer dans ces schémas connus.



Réduire l’ampleur du mouvement

Comme d’habitude, les médias aux ordres et les marionnettes politiques vont mentir en minimisant le nombre de manifestants.



Centraliser les actions dans des lieux « clos »

Le système préfère les batailles « en ligne » aux actions décentralisées de « manifestations non-violentes ». En centralisant les regroupements dans les zones urbaines, le système peut mettre en œuvre son appareil répressif surarmé face à des personnes en majorité sans défense. Dans le cas de très nombreuses actions atomisées, le système ne serait pas en mesure, faute de personnel notamment, de tout contrôler et de réprimer.

Remplacer la non-violence par  la violence gratuite

Les manifestations de masse dans des zones urbaines closes, permettent de susciter, voire d’organiser des actions violentes réalisées par des « casseurs » anonymes. Alors que ce genre d’actions serait plus délicat à mettre en œuvre dans des lieux dispersés accueillant au plus quelques centaines de personnes.

Briser l’élan de sympathie pour les gilets jaunes

Cette opération essentiellement médiatique se révèle multiforme : mettre en avant, les gênes engendrées par le mouvement,  « révéler » des soutiens extrémistes aux gilets jaunes, hyper médiatiser les actions des « casseurs »…



Faire émerger des « leaders » aux ordres ou prêts à le devenir

L’insistance du gouvernement pour dialoguer avec des représentants des gilets jaunes entre dans un schéma « classique ». C’est le cas du syndicalisme par exemple : très souvent, contre quelques miettes largement médiatisées, les mouvements se terminent lamentablement car les « négociateurs n’ont pu, malgré tous leurs efforts, obtenir mieux ».



Le piège de l’État profond est tendu, gilets jaunes n’y tombez pas !

Pour ne pas tomber dans le piège, les gilets jaunes doivent retrouver leur élan initial dans des formes que le système ne peut réellement maîtriser. Des actions spontanées, décentralisées, non-violentes… qui sont gages d’efficacité, de sympathie de la majorité de l’opinion publique. Si l’État veut négocier, les négociations devront se dérouler en toute transparence sur la place publique. En l’absence de telles préconisations, le mouvement pourrait être conduit à sa perte.



Bernard CONTE

jeudi 15 novembre 2018

Forcer la consommation par la norme

Forcer la consommation par la norme

 Selon l’INSEE, institut de statistique « aux ordres », la consommation des ménages progresserait de 1,1% en 2018. Comment produire un tel résultat alors que le pouvoir d’achat est en baisse notamment en raison de l’augmentation de la pression fiscale ?

La création de nouvelles taxes et l’alourdissement de celles déjà existantes érodent le pouvoir d’achat. Les taxes « environnementales » (escrologiques), visent principalement l’énergie fossile. Elles ont aussi trait à la santé (tabac,…). La caractéristique majeure de cette fiscalité indirecte est qu’elle frappe sans discrimination l’ensemble de la population à travers la consommation, à la différence de la fiscalité directe qui présente une certaine progressivité. Ce ne sont pas les effets d’annonce fortement médiatisés concernant les quelques mesurettes « compensatoires » à destination des bas revenus qui changent les choses.

Comment rehausser le niveau de la consommation avec un pouvoir d’achat en baisse ? Deux scénarii se présentent : le recours au crédit et l’utilisation de l’épargne, sachant que le bas de laine des français s’élève à plus de 5 000 milliards d’euros.

Leur réalisation suppose que les ménages prennent la décision de consommer, ce qui semble compromis car le moral desdits ménages est au plus bas depuis 8 ans.

Dans ce contexte, il ne reste plus au « système » qu’à « forcer » la consommation par le biais de la loi et de la règlementation. Ainsi, en établissant de nouvelles normes, le gouvernement contraint les ménages à effectuer des actes de consommation : par exemple, sauver la planète implique l’achat de nouvelles automobiles, de chauffages domestiques… « moins polluants », etc.

Comme aurait pu dire l’Oncle Sam : « Je veux votre argent pour sauver le système ! » [et non pas la planète !].

Bernard CONTE