samedi 19 août 2017

Les actualités de Lautruche (2) : Cambrils

Les actualités de Lautruche 
présente les évènements de manière aseptisée et "consensuelle".
Attentat de Cambrils en Catalogne 



Les actualités de Lautruche (1) : Barcelone

Les actualités de Lautruche 
présente les évènements de manière aseptisée et "consensuelle".


vendredi 18 août 2017

Le nombre d’allocataires de minima sociaux baisse enfin

Le nombre d’allocataires de minima sociaux baisse enfin

4 juillet 2017 - Quatre millions de personnes sont allocataires de minima sociaux, dont 1,8 million touchent le RSA. Avec les ayants droit, un peu plus de six millions de personnes vivent de ce type de prestations. Ces chiffres sont en baisse depuis fin 2015, pour la première fois depuis 2008.

1,8 million de personnes percevaient le RSA socle (voir encadré) fin 2016. Elles sont 500 000 de plus qu’en 2008, soit une hausse de 39 % sur l’ensemble de la période. Mais depuis la fin 2015, ce nombre baisse. Au cours de l’année 2016, on a enregistré 82 000 allocataires de moins, soit une baisse de 4,3 %. De la même façon que la hausse du nombre d’allocataires avait progressé sous l’effet de la montée du chômage, la reprise du marché du travail se traduit au niveau des minima sociaux.
Ce changement constitue une bonne nouvelle. Pour autant, au rythme actuel, il faudrait encore six ans avant de revenir à la situation de 2008. Tout au plus peut-on dire qu’il y a un signe de stabilisation ou d’amélioration pour les plus pauvres. Le pire a été évité, mais la France n’est pas encore entrée dans une véritable phase d’inversion de la situation.

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*Nombre de titulaires du RMI et de l'API jusqu'en 2009, puis du RSA socle. Chiffres pour décembre de chaque année. 
Montant du RSA socle au 01/01/2017 : 535 euros pour une personne seule sans enfant, 963 euros pour une personne seule avec deux enfants, 1 145 euros pour un couple avec deux enfants. On déduit de ce montant un forfait logement (64 euros pour une personne seule) pour ceux qui sont hébergés gratuitement ou perçoivent les allocations logement.
Quatre millions d’allocataires de minima sociaux
Le nombre d’allocataires de minima sociaux (comprenant notamment le RSA, les minima pour les personnes âgées, les adultes handicapés et les chômeurs en fin de droit) s’établit à 4,1 millions pour l’année 2015 contre 3,3 millions en 2000, soit une hausse de 24 %. En comptabilisant les ayants droit (conjoints, enfants...), plus de six millions d’individus vivent d’une allocation relevant de ce dispositif. Sans ce système de protection sociale, des centaines de milliers de familles vivraient avec peu ou pas de ressources dans des conditions misérables.
L’augmentation du nombre d’allocataires résulte de plusieurs phénomènes. De la dégradation de l’emploi et de la situation sociale en général, mais aussi du sort des personnes âgées. Le nombre d’allocataires du minimum vieillesse avait fortement diminué du milieu des années 1990 au milieu des années 2000 du fait notamment de la progression de l’activité professionnelle des femmes. Ces dernières disposent de plus en plus souvent de retraites qui, tout en restant inférieures à celles des hommes, sont supérieures au minimum vieillesse. Comme l’a montré le Centre d’observation de la société, ce n’est plus le cas depuis la fin des années 2000 : le taux d’activité féminin plafonne et davantage de salariés achèvent leur vie professionnelle avec une carrière marquée par la crise (chômage, précarité, interruption d’activité, etc.), ce qui se répercute sur le niveau de leurs pensions.
Nombre d'allocataires de minima sociaux
2000 2005 2010 2015 
Revenu de solidarité active1 267 1001 495 6001 544 1001 945 900
Allocation adulte handicapé710 900801 000915 0001 062 300
Allocation invalidité (personnes âgées)104 400112 60087 70077 900
Allocation de solidarité spécifique447 000401 600355 400472 700
Allocation d'insertion
ou allocation temporaire d'attente
32 20034 60043 00012 600 (*)
Allocation transitoire de solidarité41 50049 4006 400
Minimum vieillesse765 900609 400576 300554 400
Allocation veuvage15 0006 8006 4007 700
Revenu de solidarité (DOM)10 00013 1009 200
Ensemble3 342 5003 513 1003 590 4004 149 100 (*)
(*) Rupture de série : fin 2015, l’allocation pour demandeur d’asile remplace l’allocation temporaire d’attente. Le nombre de ses bénéficiaires n’étant pas disponibles à ce jour, il n’est pas inclus ici. 
Source : ministère des Affaires sociales - © Observatoire des inégalités

mardi 15 août 2017

Karl Marx et notre État profond français de souche

Voyons l’État profond français sur lequel Marx écrit en 1851 :
« On se rend compte que, dans un pays comme la France, où le pouvoir exécutif dispose d’une armée de fonctionnaires de plus d’un demi-million de personnes et tient, par conséquent, constamment sous sa dépendance la plus absolue une quantité énorme d’intérêts et d’existences, où l’État enserre, contrôle, réglemente, surveille et tient en tutelle la société civile, depuis ses manifestations d’existence les plus vastes jusqu’à ses mouvements les plus infimes, de ses modes d’existence les plus généraux jusqu’à la vie privée des individus, où ce corps parasite, grâce à la centralisation la plus extraordinaire, acquiert une omniprésence, une omniscience, une plus rapide capacité de mouvement et un ressort, qui n’ont d’analogues que l’état de dépendance absolue, la difformité incohérente du corps social, on comprend donc que, dans un tel pays, l’Assemblée nationale, en perdant le droit de disposer des postes ministériels, perdait également toute influence réelle, si elle ne simplifiait pas en même temps l’administration de l’État, ne réduisait pas le plus possible l’armée des fonctionnaires et ne permettait pas, enfin, à la société civile et à l’opinion publique, de créer leurs propres organes, indépendants du pouvoir. Mais l’intérêt matériel de la bourgeoisie française est précisément lié de façon très intime au maintien de cette machine gouvernementale vaste et compliquée. C’est là qu’elle case sa population superflue et complète sous forme d’appointements ce qu’elle ne peut encaisser sous forme de profits, d’intérêts, de rentes et d’honoraires…
La bohème à la française : À côté de « roués » ruinés, aux moyens d’existence douteux, et d’origine également douteuse, d’aventuriers et de déchets corrompus de la bourgeoisie, des forçats sortis du bagne, des galériens en rupture de ban, des filous, des charlatans, des lazzaroni, des pickpockets, des escamoteurs, des joueurs, des souteneurs, des tenanciers de maisons publiques, des portefaix, des écrivassiers, des joueurs d’orgues, des chiffonniers, des rémouleurs, des rétameurs, des mendiants, bref, toute cette masse confuse, décomposée, flottante, que les Français appellent la « bohème ». C’est avec ces éléments qui lui étaient proches que Bonaparte constitua le corps de la société du 10 décembre.
Ce pouvoir exécutif, avec son immense organisation bureaucratique et militaire, avec son mécanisme étatique complexe et artificiel, son armée de fonctionnaires d’un demi-million d’hommes et son autre armée de cinq cent mille soldats, effroyable corps parasite, qui recouvre comme d’une membrane le corps de la société française et en bouche tous les pores, se constitua à l’époque de la monarchie absolue, au déclin de la féodalité, qu’il aida à renverser. »
L’extrait préféré de Guy Debord :
« Chaque intérêt commun fut immédiatement détaché de la société, opposé à elle à titre d’intérêt supérieur, général, enlevé à l’initiative des membres de la société, transformé en objet de l’activité gouvernementale, depuis le pont, la maison d’école et la propriété communale du plus petit hameau jusqu’aux chemins de fer, aux biens nationaux et aux universités. La république parlementaire, enfin, se vit contrainte, dans sa lutte contre la révolution, de renforcer par ses mesures de répression les moyens d’action et la centralisation du pouvoir gouvernemental. Toutes les révolutions politiques n’ont fait que perfectionner cette machine, au lieu de la briser. Les partis qui luttèrent à tour de rôle pour le pouvoir considérèrent la conquête de cet immense édifice d’État comme la principale proie du vainqueur. »
Fiscalité et fonctionnarisme (57 % de prélèvement en 2017) :
« La machine d’État s’est si bien renforcée en face de la société bourgeoise qu’il lui suffit d’avoir à sa tête le chef de la société du 10 décembre, chevalier de fortune venu de l’étranger, élevé sur le pavois par une soldatesque ivre, achetée avec de l’eau-de-vie et du saucisson, et à laquelle il lui faut constamment en jeter à nouveau. C’est ce qui explique le morne désespoir, l’effroyable sentiment de découragement et d’humiliation qui oppresse la poitrine de la France et entrave sa respiration. Elle se sent comme déshonorée… »