samedi 31 mai 2008

Stationnement et circulation dans le quartier Nord

Dans le quartier Nord de Talence, le stationnement des automobiles est devenu un problème majeur. Par exemple, rue François Coppée et rue Jean-Baptiste Pomiès, les résidents se plaignent de ne pouvoir accéder à leur garage, de ne plus pouvoir garer leur véhicule, de difficultés de circulation...

Parmi les causes de l’engorgement, il y a le fait que de nombreux non-résidents traversent le boulevard ou le cours Gallieni pour se garer dans ces rues.

Le règlement de ce problème passe notamment par la mise en œuvre d’un système privilégiant le stationnement des résidents, tout en assurant la « fluidité » des véhicules non-résidents.

Les Verts vont saisir la Mairie afin qu’elle prenne des dispositions en ce sens.





Rue Jean-Baptiste Pomiès



Parking à l'angle des rues Coppée et Pomiès (censé être en zone bleue)




Rue Coppée

Relais Emplois Familiaux

Conseil Municipal du 29 mai 2008
Délibération N° : 31

OBJET : Attribution d’une subvention exceptionnelle à l’association Relais Emplois Familiaux

« L’association Relais Emplois Familiaux, association d’aide à domicile
implantée à Talence, connaît des difficultés et une gestion déficitaire depuis trois ans.
Cette association a mis en place diverses mesures pour assurer la pérennité
de son activité mais doit de façon obligatoire reconstituer ses fonds propres.
Elle sollicite l’aide de la Ville dans ce sens.
Je vous propose donc aujourd’hui de soutenir cette association en lui
accordant une subvention exceptionnelle d’un montant de 20 000 €, étant entendu que la Ville envisage par ailleurs d’accorder à cette association une garantie d’emprunt.

Bernard CONTE : Quelques questions et remarques :

Le document indique : « l’association Relais Emplois Familiaux connaît des difficultés et une gestion déficitaire depuis 3 ans »,… Pourquoi la mairie a-t-elle attendu autant de temps pour se préoccuper de la situation ?

Accorder une subvention dite « exceptionnelle » de 20 000 € est un effort important. Qui nous dit que cette subvention ne demandera pas à être renouvelée ?

En effet, le déficit de cette association présente un caractère structurel pour les raisons suivantes :

- l’association a déménagé de Chateau Raba, où elle ne payait pas de loyer, vers la résidence Schoelcher près du forum…

- à Château Raba, REF partageait les locaux avec d’autres associations et certains coûts étaient mutualisés, ce qui n’est plus le cas.

- Du fait de l’augmentation des coûts, REF a dû augmenter les tarifs de ses prestations, ce qui a conduit des clients à se tourner vers des structures plus petites et plus compétitives (moins chères) qui ont vu le jour avec la loi Borloo.

- Nous sommes en présence d’un cercle vicieux : la nécessité d’augmenter les tarifs réduit le chiffre d’affaires et creuse le déficit.

Nous voudrions savoir si un audit de cette structure a été effectué. La stratégie de regroupement et de mutualisation de certains services avec d’autres associations du même type sur d’autres communes est-elle susceptible de rétablir l’équilibre budgétaire de Relais Emplois Familiaux ? Dans le cas contraire, ne faudrait-il pas prévoir une subvention municipale annuelle ?

Enfin, quel est le montant et quelle est la destination de l’emprunt que la municipalité doit garantir ?

Pour conclure, le cas de Relais Emplois Familiaux doit être considéré avec attention, car 51 emplois sont en jeu.


jeudi 29 mai 2008

Dessert ou fromage ?

Conseil municipal du 29 mai 2008

Délibération N° : 9

OBJET : Rémunération du Président et du Vice-Président de la Société d’Economie Mixte « Talence Gestion Equipements », élus du Conseil Municipal – Fixation du montant maximum

Monsieur le Maire expose :
« Je vous rappelle que par délibération du Conseil Municipal en date du 28 juin 2001, des Elus Municipaux ont été désignés comme Administrateurs représentant la Ville de TALENCE au sein du Conseil d’Administration de la Société d’Economie Mixte « Talence Gestion Equipements ».

L’article L. 1524-5 du Code Général des Collectivités Territoriales stipule que les Elus Locaux agissant en tant que mandataires de la Collectivité peuvent percevoir, au sein de la S.E.M., une rémunération.

Ils doivent y être auparavant autorisés par le Conseil Municipal qui fixe aussi le montant maximum des rémunérations qui peuvent être perçues ainsi que la nature des fonctions qui les justifient.

Monsieur François JESTIN a été nommé Président du Conseil d’Administration de « Talence Gestion Equipements « et Madame Jacqueline CHADEBOST Vice-Président.

Je vous propose en conséquence, conformément aux dispositions de l’article 22 des statuts de la S.E.M. « Talence Gestion Equipements » de permettre à ces Elus de percevoir une indemnité. Le montant mensuel maximum pour Monsieur JESTIN pour l’année à la rémunération afférente à l’indice brut 184 de la Fonction Publique et pour Madame CHADEBOST à 75 % de l’indice brut 100. »


Bernard Conte: Cinq remarques sur le texte

1. « l’article L. 1524-5 du CGCT stipule que les élus locaux agissant en tant que mandataires de la collectivité peuvent percevoir, au sein de la SEM, une rémunération »… L’emploi du verbe pouvoir indique une possibilité et non une obligation.

2. Au dernier paragraphe, monsieur le Maire propose « un montant mensuel maximum » pour les indemnités des administrateurs. Faut-il entendre que les indemnités seront inférieures ou bien égales à ce maximum ?

3. Pour informer le Conseil, si les indemnités sont fixées au maximum, l’indemnité de Monsieur Jestin s’élèvera à 1 107, 33 € par mois soit 13 287, 96 € par an, tandis que celle de Madame Chadebost sera de 663,03 € par mois, soit 7 956,36€ par an. Au total, les administrateurs percevront 21 244, 32 € par an.

4. Ce montant est à rapprocher de celui de la subvention de 20 000 € demandée par l’association relais emplois familiaux qui emploie 51 personnes (voir délibération n° 31).

5. Je comprends qu’il s’agit, pour les administrateurs, d’une charge de travail importante. On peut l’estimer à un travail à mi-temps. Si l’on ajoute le mi-temps consacré à leurs charges d’adjoint et de CM déléguée, cela fait un plein temps…

J’espère pour eux qu’ils n’ont pas un (vrai) travail parallèlement à leurs charges municipales. Si c’est le cas : attention au surmenage ! Mais, depuis plusieurs mois, tout le monde sait qu’il faut appliquer l’adage sarkozien : travailler plus pour gagner plus !


dimanche 25 mai 2008

Victi-Maire d'Ambyvalanse



Hier, j’ai revu Marcel, un ami de trente ans. Marcel a rejoint la métropole après un long séjour dans une contrée reculée dont l’économie est néanmoins assez avancée.

Dans cette contrée, Marcel habitait Ambyvalanse, une ville forte de plusieurs milliers d’âmes.

Devant un café (accompagné d’un verre d’eau), il m’a brossé un portrait détaillé de sa ville : sa situation géographique, son architecture, ses monuments, ses spécificités démographiques… Puis, Marcel a abordé la question politique de la gestion de la ville.

Ambyvalanse est dirigée depuis trente ans par le même homme, le même Maire : M. Anizé Bonhapéreaud. Devant mon étonnement du manque d’alternance politique, Marcel m’a expliqué le système mis en place par Bonhapéreaud.

Là-bas, les électeurs ne se prononcent que tous les dix ans, ce qui laisse le temps au Maire d’organiser, de mettre en œuvre et de récolter les fruits de sa stratégie politique. Elle repose principalement sur le clientélisme qui permet de se constituer, à peu de frais, une clientèle politique « fidèle ».

Le système clientéliste mis en place par Bonhapéreaud est multidimensionnel.

Par exemple, pour les « moins jeunes » la Mairie organise des « gouthés dansants », dont la GO (gentille organisatrice) est Margaret, dame de fer, qui règle les festivités au son strident d’un sifflet d’arbitre de sport. De plus, quand arrive l’anniversaire d’un moins jeune, le Maire lui adresse une chaleureuse lettre personnalisée accompagnée d’une image à son effigie.

Aux jeunes, le Maire distribue gratuitement des films, sur support DVD, dont il est le héro (Anizé au camping, Bienvenue chez les Anizés, Anizé 007…) et aussi des jeux vidéos : Super-Bonhapéreaud, Bonhapéreaud fait la War…. Il leur donne sans compter des abonnements au stade Bonhapéreaud (réplique de celui d’Olympie) où se déroulent, chaque semaine, des compétitions sportives.

Malgré tout, ce système bien huilé a connu de sérieux problèmes. En effet, lors des dernières élections (en 2000), Bonhapéreaud n’a pas obtenu 90 % des suffrages comme il l’espérait. La veille du scrutin, les sondages lui étaient même défavorables. Le camp du Maire a dû improviser dans l’urgence, pour le lendemain, un dispositif de navettes entre les RPMJ (résidences pour moins jeunes) et les bureaux de vote. A l’entrée du bus, chaque « moins jeune » se voyait rappeler, par « l’accompagnateur » tous les bienfaits que le Maire lui avait prodigués pendant les dix dernières années (petits fours, boissons, festivités…). Bonhapéreaud a ainsi pu être réélu par une courte majorité (50,1%).

Mais le coup passa si près…. mettant en lumière la nécessité de remodeler le système clientéliste. Pour ce faire, Bonhapéreaud a fait appel à des conseillers en communication (des spin doctors). Après des études fouillées, les conseillers ont conclu que le Maire devait devenir une « victime » pour l’opinion publique. En effet, « la victime est aujourd’hui valorisée, elle focalise sur elle les sympathies, elle attire la compassion, mais surtout on lui reconnaît des droits [de vote ?] du fait même de son statut de victime et notamment des droits à des réparations* ». La communication devait donc faire appel à la rhétorique victimaire.

Ceci étant admis, il fallait désigner le bourreau : l’opposition au sein du Conseil de la Ville. Les médias, la rumeur… ont été mobilisés pour discréditer l’opposition, pour la présenter comme systématique, malhonnête, calomnieuse, infâmante… Bref, l’opposition « c’est les méchants » tandis que la majorité « c’est les gentils ». De plus, pour officialiser, dans l’opinion publique, son statut de victime, Anizé Bonhapéreaud a décidé de changer l’intitulé de sa fonction. Désormais, il ne se présente plus comme le Maire, mais comme le Victi-Maire d’Ambyvalanse.

Il est vrai que « celui qui manipule les opinions est plus important que celui qui applique les lois » (Abraham Lincoln). Mais il arrive qu’un grain de sable vienne bloquer les rouages des mécanismes les mieux huilés…

Avant de nous séparer, j’ai fait part à Marcel de ma satisfaction et de mon soulagement de vivre en France car, chez nous, une telle situation est inimaginable.

That’s all folks !…
(Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite)…


* http://www.lmsi.net/spip.php?article442



dimanche 18 mai 2008