jeudi 15 février 2018

Alain Planche se souvient de Michel Zerbato

L'amitié de Michel était foisonnante. Curieux de tout, ses centres d'intérêt étaient très divers, et son intelligence était presque aussi pratique que théorique. Mais ce qui nous a rapprochés, au début de notre amitié, c'est le goût de l'abstraction et la recherche de rigueur dans les raisonnements . Son intérêt pour les mathématiques et les statistiques l'ont conduit, pour mieux comprendre ces matières ordinairement rebutantes, à faire des travaux dirigés avec moi pendant plusieurs années alors que cela lui demandait beaucoup de travail. Il voulait comprendre, c'était son obsession.

Bien sûr, son centre principal d'intérêt c'était l'économie et il se rangeait dans les disciples de Karl Marx. Mais là aussi, il ne se contentait pas d'être un très fin analyste des travaux de Marx. Dans les années 1980, il a intégré le séminaire DECTA III, fondé par Frédéric Poulon et s'est littéralement plongé dans les œuvres de Keynes jusqu'à en acquérir la connaissance intime que peut avoir un spécialiste.

Même s'il ne partageait pas complétement les idées de Keynes, il respectait sa démarche scientifique, ce qui pourrait expliquer son investissement dans l'étude de l’œuvre du maître mais seuls son insatiable curiosité et son goût de la controverse sérieuse peuvent expliquer qu'il soit également devenu a fil des années un spécialiste incollable des théories néoclassiques .Bien qu'il n'ait pas publié beaucoup au regard des règles académiques, il était une encyclopédie vivante de la science économique.

Mais il n'était pas seulement un théoricien, c'était un ami attachant. Sa spontanéité le conduisait parfois à s'énerver au cours des discussions mais il n'avait aucune méchanceté, sauf, peut-être, contre ceux dont il considérait que leurs analyses n'étaient pas sérieuses Il était en tout cas très fidèle en amitié. Je ne l'oublierai pas.
 
Alain Planche

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