mercredi 13 août 2014

Talence Innovation : un gouffre financier

Talence Innovation
Intervention au cours du Conseil municipal du 23 avril 2014



M. CONTE : J’ai une deuxième intervention. Vous savez que Talence entretient des danseuses depuis un certain nombre d’années et vu l’heure aujourd’hui, je ne vais pas passer tout le corps de ballet en revue, sinon la séance du Conseil pourrait se prolonger une partie de la nuit. Je vais parler d’une première danseuse étoile et j’attendrai la fin de la dernière décision, pour parler de la deuxième danseuse étoile.
La première danseuse étoile est Talence Innovation. De 1999 à 2013, Talence Innovation a drainé un total de 1 766 923 € de subventions municipales, ce qui représente 1 222 SMIC mensuels selon le tarif de 2014 ou encore une moyenne de 117 795 € par an. Quel en est le résultat ? Rien ou pas grand-chose !
Certes, chaque année, à l’Assemblée générale, à laquelle je participe et je continuerai de participer, on nous présente un beau diaporama censé nous faire prendre des vessies pour des lanternes, mais honnêtement, il faut reconnaître qu’en 15 ans, Talence Innovation n’a rien produit de vraiment tangible. La principale innovation de cette structure a été de ponctionner efficacement le budget municipal. Pourquoi avoir laissé perdurer cette véritable gabegie ?
Il est facile d’invoquer des causes externes, des dysfonctionnements administratifs, l’Europe, pour ne pas voir la réalité en face. Certes, on va me répondre que le montant de la subvention pour 2014 est largement revu à la baisse par rapport à celle de 2013 avec seulement 40 000 € contre 90 000 € en 2013.
D’une part, rien ne nous assure qu’un complément de subvention ne sera pas accordé au cours de l’exercice 2014. D’ailleurs, pouvez-vous nous assurer qu’il n’y aura pas de rallonge ? D’autre part, si la réduction du montant de la subvention est consécutive à la prise de conscience tardive de la faible utilité de Talence Innovation, pourquoi ladite subvention n’a-t-elle pas été drastiquement réduite auparavant ?
Pour conclure sur Talence Innovation, il apparaît que pour justifier sa survie, on a laissé cette institution réaliser une OPA sur la structure municipale d’accompagnement d’entrepreneurs, efficace et peu coûteuse, appelée le Tremplin. Quoi que l’on en dise, la nouvelle pépinière d’entreprises pourrait être très bien gérée sans l’intervention de Talence Innovation. Ladite pépinière fait largement doublon avec le Tremplin. La preuve en est que lors des sélections des candidats, le jury, dont je fais partie, peut-être va-t-on m’en exclure après cela, se pose régulièrement la question de savoir si le demandeur doit être hébergé au Tremplin ou à la pépinière.
En conséquence, je m’abstiendrai concernant cette subvention.


M. LABOURDETTE : Pour vous répondre simplement, je pense qu’au niveau de Talence Innovation, vous savez très bien que nous sommes en pleine réflexion suite à la future réorganisation de cette agence de développement économique. Aujourd’hui, l’arrêt maladie de son directeur ne nous permet pas de prendre les décisions qui s’imposent.
Ensuite, par rapport à la qualité du travail effectué, vous savez comme moi qu’il y a des concours pour les jeunes entreprises et un accompagnement de la pépinière, la pépinière où vous êtes présent et où nous sélectionnons entre guillemets les entreprises qui méritent d’être accompagnées par une véritable pépinière.
Que ce soit le Tremplin qui est tout de même aujourd’hui l’insertion par l’action économique ou les entreprises d’innovation, il est vrai que les entreprises sont accompagnées par Talence Innovation depuis quelques mois et ce n’est pas une OPA, vous le savez bien. Aujourd’hui, l’accompagnement se fait auprès des entreprises qui sont à la pépinière. C’est quand même l’une des missions de Talence Innovation.

M. CONTE : Je suis d’accord, mais cela fait seulement quelques mois…


M. LABOURDETTE : Que la pépinière existe et qu’elle est accompagnée par Talence Innovation.


M. CONTE : Il a fallu injecter 1 750 000 € pour que cela produise depuis quelques mois quelques résultats. C’est ce qui me pose problème.

M. LABOURDETTE : Il me semble Bernard, que vous êtes satisfait du fonctionnement.


M. CONTE : Oui, du Tremplin et de la pépinière depuis quelques mois, mais cela ne justifie pas un investissement de 1 750 000 €.


M. LABOURDETTE : Aujourd’hui, concernant le montant de la subvention et la réflexion qui est faite sur cette agence de développement économique qui est en cours, nous en avons déjà parlé, Monsieur le Maire fait partie aussi de cette réflexion.

M. CONTE : Nous passons donc le reste par pertes et profits.


M. LE MAIRE : Les dépenses ont été excessives, c’est sûr. C’était essentiellement lié à une présentation d’une masse salariale extrêmement importante et il est vrai que le jour où nous avons réussi à avoir le détail de la masse salariale, c’était surtout le directeur qui avait un salaire extraordinairement élevé, ce qui avait choqué les services de l’Etat, eux-mêmes s’en sont aperçus tardivement, ainsi que les services européens.
La mission au départ était de gérer la future pépinière que nous n’avons pas construite et qui était prévue sur Marc Sangnier. Il y avait un travail réel vis-à-vis des chercheurs et des universités, avec un comité des experts qui permettait de sélectionner les chercheurs qui allaient pouvoir être aidés. L’ennui est qu’il n’y avait pas la pépinière à côté.
La difficulté de choix était que le contrat du directeur était un contrat extrêmement costaud, qui avait été accepté par les différents présidents d’associations. Au moment où nous ne savions pas si nous allions ou non construire la pépinière, j’avais souhaité que nous nous rattachions avec Bordeaux Unitec, pour faire une seule et même structure. Alain ROUSSET n’avait pas voulu, parce qu’entre lui et le directeur de la structure, il y avait une opposition personnelle qui a bloqué pendant des années l’opération. Nous souhaitons depuis des années que s’arrête la mission du directeur à ce niveau-là. Finalement, après discussion, nous sommes arrivés à progressivement diminuer.
Bernard CLOUP avait fait une convention avec eux pour diminuer la subvention. Là, le directeur devait prendre sa retraite au 31 mars, chose qui est toujours actée. Il a pris sa retraite, mais il a profité de la loi Sarkozy disant que quelqu’un qui prend sa retraite peut continuer à travailler avec un certain pourcentage.
Nous avons mis une pression financière en disant que nous diminuerions la subvention, ce que nous avons commencé à faire et aujourd’hui, nous avons acté que cela devait s’arrêter au 31 mars et c’est pourquoi il y a cette diminution très lourde de la subvention.
Cela ne supprime pas tout le travail fait, mais ce n’était pas à la hauteur de l’engagement financier.

Faire vivre la politique et non pas faire de la politique pour en vivre...

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