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mercredi 11 décembre 2019

La France se Tiers-Mondialise



La France se Tiers-Mondialise

Le Programme des nations unies pour le développement (PNUD) a récemment publié son Rapport sur le développement humain 2019.

"Le premier Rapport sur le développement humain (1990) a introduit une nouvelle manière de mesurer le développement en faisant la synthèse des indicateurs d'espérance de vie, de niveau d'études et de revenu, pour aboutir à un indicateur composite du développement humain, l'IDH... L'IDH établit un minimum et un maximum pour chaque dimension, appelés balises, et indique ensuite la situation de chaque pays par rapport à ces dernières (dont la valeur varie entre 0 et 1)". (source: PNUD).

Il s'agissait de trouver un indicateur de développement qui soit plus englobant, plus "humain" que le simple PIB par habitant. Depuis 1990, le PNUD calcule la valeur de l'IDH (indice du développement humain) pour de nombreux pays et établit un classement.

La France au 26ème rang mondial
Le rapport sur le développement humain de 2019 fournit les valeurs de l’IDH afférentes à 2018 ainsi que le classement de 189 pays.

Selon le classement de l’IDH, la France la situe au 26ème rang mondial, ex-aequo avec la Tchéquie. Elle se place derrière la Norvège (1er rang), la Suisse (2ème), l’Irlande (3ème), l’Allemagne (4ème), Hong Kong (4ème ex-aequo), l’Australie (6ème ), l’Islande (6ème ex-aequo), la Suède (8ème), Singapour (9ème), les Pays-Bas (10ème), le Danemark (11ème), la Finlande (12ème), le Canada (13ème), la Nouvelle Zélande (14ème), le Royaume-Uni (15ème), les États-Unis (15ème ex-aequo), la Belgique (17ème), le Liechtenstein (18ème), le Japon (19ème), l’Autriche (20ème), le Luxembourg (21ème), Israël (22ème), la Corée du Sud (22ème ex-aequo), la Slovénie (24ème), l’Espagne (25ème).

Le classement de la France révèle une bien piètre performance pour un pays que ses élites politiques persistent à présenter comme une puissance de rang mondial. La France ne fait plus partie des 10% des pays du monde où il fait « bon vivre ».

« L’IDH de la France en 2018, à savoir 0,891, est inférieur à la moyenne des pays du groupe à développement humain très élevé (0,892) et est inférieur à celle des pays de l’OCDE, qui s’établit à 0,895. Les pays de l’OCDE dont le rang de l’IDH et dans une certaine mesure la taille de la population sont proches de ceux de la France en 2018 sont l’Allemagne et le Royaume-Uni, qui pointent aux 4e et 15e rangs respectivement[1] ».

Niveaux d’instruction et de vie en berne

L’IDH intègre trois dimensions :
- la santé et la longévité : mesurée par l’espérance de vie à la naissance
- l’instruction (la connaissance / le savoir) : appréhendée grâce à 2 indicateurs :
·         La durée moyenne de scolarisation des adultes âgés de 25 ans (en années)
·         la durée attendue / escomptée de scolarisation pour les enfants d’âge scolaire
- le niveau de vie : mesuré par l’accès aux ressources indispensables pour vivre décemment (le RNB / habitant (exprimé en PPA en $)).

IDH de la France et ses composantes comparés à d’autres pays et groupes de pays

IDH
Rang IDH
Espérance de vie à la naissance
Durée de scolarisation attendue
Moyenne d'années d'études
RNB / hab (PPA $ 2011)
France
0,891
26
82,5
15,5
11,4
40 511
Allemagne
0,939
4
81,2
17,1
14,1
46 946
Royaume-Uni
0,920
15
81,2
17,4
13,0
39 507
OCDE
0,895

81,4
16,3
12,0
40 615
Pays à IDH très élevé
0,892

79,5
16,4
12,0
40 112

Une référence aux composantes de l’IDH révèle que la France :
-         reste performante dans le domaine de la santé et de la longévité certainement grâce à un système de santé encore « solide »,
-         est largement distancée concernant l’instruction (la connaissance/le savoir), ce qui est confirmé par le dernier classement PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) : 23ème sur 79 pays analysés,
-         stagne en matière de niveau de vie.

La France se Tiers-Mondialise progressivement

Comme je l’écrivais en 2013, la France est en marche vers le Tiers-Monde[2]. En effet, en 1990, la France se situait au 8ème rang mondial dans le classement de l'IDH, elle est passée au 12ème rang en 2000, au 20ème en 2012, au 22ème en 2015 et au 26ème en 2018. En quasiment trente ans, la France a régressé de 18 places dans le classement du PNUD.

Les raisons cette dégringolade sont, sans doute, à rechercher dans la trahison des élites politiques de la démocratie de copinage instrumentalisée par le capitalisme de connivence, appendice de la finance internationale.

À terme, si la France  ne redresse pas la barre, son niveau de développement humain rejoindra celui des pays de l’Afrique subsaharienne. Elle rejoindra le Tiers-Monde et les flux migratoires s’inverseront.

samedi 16 mars 2013

La France en marche vers le Tiers Monde


Le 14 mars 2013, le Programme des nations unies pour le développement (PNUD) a publié son Rapport sur le développement humain 2013.

"Le premier Rapport sur le développement humain (1990) a introduit une nouvelle manière de mesurer le développement en faisant la synthèse des indicateurs d'espérance de vie, de niveau d'études et de revenu, pour aboutir à un indicateur composite du développement humain, l'IDH... L'IDH établit un minimum et un maximum pour chaque dimension, appelés balises, et indique ensuite la situation de chaque pays par rapport à ces dernières (dont la valeur varie entre 0 et 1)". (source: PNUD)

Il s'agissait de trouver un indicateur de développement qui soit plus englobant, plus "humain" que le simple PIB par habitant.
 
Depuis 1990, le PNUD calcule la valeur de l'IDH (indice du développement humain) pour de nombreux pays et établit un classement.
 
Dans le rapport 2013, le PNUD recalcule les valeurs de l'IDH pour chaque pays de 1980 à 2012, car "dans la mesure où les organismes statistiques internationaux améliorent en permanence leurs séries de données, les données présentées dans ce Rapport, y compris les valeurs de l’IDH et les classements, ne peuvent être comparées à celles publiées dans les éditions précédentes. Pour l’IDH, les tendances calculées, selon des données cohérentes, à des intervalles de cinq ans entre 1980 et 2012 sont présentées dans le Tableau 2".(RSDH 2013, page 152).
 
Autrement dit, si vous essayez de dégager des tendances à partir de données publiées depuis plus de trente ans, vous avez tout faux. Pendant tout ce temps, le PNUD aurait publié des statistiques établies au pifomètre. Je veux bien l'admettre pour des pays du Tiers Monde où l'élaboration des statistiques peut poser problème, mais en ce qui concerne les pays développés, l'argument me semble un peu spécieux.

A moins qu'il faille "retravailler" les statistiques pour montrer que trente ans de néolibéralisme ont accru le bien être sur l'ensemble de la planète.

En dépit de l'avertissement du PNUD, je me suis intéressé à l'évolution de la France dans le classement selon l'IDH publié par le PNUD.
 
Source : RSDH 1993 ; RSDH 1998 ; RSDH 2002 ; RSDH 2007/2008 ; RSDH 2010 ; RSDH 2012.
 
En 1990, la France se situait au 8ème rang mondial dans le classement selon l'IDH. En 1995, on ne sait pas trop pourquoi, nous passions au 2ème rang derrière le Canada. Il devait faire bon vivre chez nous à cette période là. Il me semble pourtant me souvenir qu'il y avait eu pas mal de "bruit" cette année là. Après, s'amorce une dégringolade dans le classement à partir de la fin du millénaire, la France passe du 12ème rang en 2000 au 20ème en 2012.
 
De 1995 à 2012, la France a perdu 18 places au sein du classement mondial, ce qui représente quasiment un recul d'un rang tous les ans. Si la tendance se poursuit on peut craindre que notre pays se retrouve au 60ème rang du classement selon l'IDH en 2052, c'est à dire au niveau du Panama, juste après Cuba et avant le Mexique.
 
La question qu'il faut se poser dès à présent est comment enrayer cette marche, qui semble inéluctable, vers les tréfonds du classement, cette marche vers le "Tiers Monde".
 
A ce propos, sort ce mois-ci la deuxième édition de mon bouquin, revue, corrigée et augmentée, en format "poche" : La Tiers-Mondialisation de la planète.
 

dimanche 17 mars 2013

L'Irlande : un pays où il fait (encore) bon vivre ?

 
Selon le Programme des nations unies pour le développement (PNUD), en 2012, l’Irlande est l’un des endroits où il fait bon vivre, car la qualité de son développement humain place ce pays au 7ème rang mondial. C’est ce qu’indique le Rapport sur le développement humain 2013.

Depuis 1990, dans un souci de construire un indicateur de développement qui soit plus englobant, plus centré sur l’homme,… le PNUD calcule un indice de développement humain (IDH) « en faisant la synthèse des indicateurs d'espérance de vie, de niveau d'études et de revenu, pour aboutir à un indicateur composite du développement humain, l'IDH... L'IDH établit un minimum et un maximum pour chaque dimension, appelés balises, et indique ensuite la situation de chaque pays par rapport à ces dernières (dont la valeur varie entre 0 et 1) ».

 
L’interprétation de l’IDH est simple : plus le score d’un pays se rapproche de 1 (= le nirvana ?) et plus le développement humain dans ledit pays est élevé et plus il devrait y faire bon vivre. Et inversement.
Depuis 1990, le PNUD calcule la valeur de l'IDH pour de nombreux pays et établit un classement.

Le graphique suivant dessine l’évolution du classement de l’Irlande.

 
 
La trajectoire de l’Irlande se caractérise par le passage du 21ème rang en 1990, au 5ème rang mondial en 2005. C’est en gros la période du « miracle » irlandais qui s’est surtout concrétisé à partir du début du nouveau millénaire.

Ce qui est plus anachronique, c’est le fait qu’en dépit de la grave crise économique et sociale qui frappe le pays depuis 2008, le classement soit resté le même entre 2005 et 2010 et qu’en 2012, l’Irlande n’ait reculé que de 2 places dans le palmarès de l’IDH.
Soit la crise n’a eu que peu d’impact sur l’Irlande, soit ladite crise a été plus sévère dans les autres pays qui auraient connu une baisse plus importante de leur IDH (ce qui n’est pas le cas) ou bien l’indicateur du PNUD n’est pas capable d’embrasser, comme il le prétend, les dimensions essentielles du développement humain.

 En 2012, selon le PNUD, il n’y a que 6 pays dans lesquels on peut se sentir plus heureux qu’en Irlande (selon le développement humain mesuré par l’IDH) : la Norvège, l’Australie, les États-Unis, les Pays-Bas, l’Allemagne et la Nouvelle-Zélande.

 Pour mémoire, la France est classée 20ème, l’Espagne 23ème, l’Italie 25ème et la Grèce 29ème. Faut-il suggérer à nos chômeurs d’émigrer vers l’Eldorado irlandais ?

Sources : RDH 1993, 1998, 2002, 2007/2008, 2010, 2013.

vendredi 18 décembre 2015

Bernard Conte : commentaires sur les orientations budgétaires 2016 de la ville deTalence



Emmanuel Sallaberry a présenté les orientations budgétaires 2016 pour la ville de Talence

"Ce débat [sur les orientations budgétaires] permet à l’assemblée délibérante 
-  de discuter des orientations budgétaires de l’exercice et des engagements qui préfigurent les priorités du budget primitif,
- d’être informée sur l’évolution de la situation financière de la collectivité,
- d'exposer et de partager les éléments du contexte national ou local qui président à la construction du budget."

Ci-après le commentaire de Bernard Conte :


L’impression générale dégagée par l’intervention de Monsieur Sallaberry est teintée de pessimisme et d’extrême sévérité à l’égard de nos collègues socialistes.

Cette intervention appelle plusieurs remarques :

1.      Je reconnais partager certains éléments de l’analyse de Monsieur Sallaberry, mais je trouve que le texte contient quelques approximations… Par exemple, à la page 3 du texte de Monsieur Sallaberry, à l’avant dernier paragraphe, on lit : « Tous les économistes font le même calcul : une réduction de 10% de la dette grecque aurait pour effet, l’année où elle interviendrait, d’accroître le déficit public français de 4 milliards d’euros, soit près de 0,2 point de PIB. » Ce qui me gêne, c’est l’expression « tous les économistes », après une courte recherche, il s’avère que cette phrase reprend textuellement les mots du sénateur Les républicains, Albéric de Montgolfier qui ne représente pas, loin de là, l’ensemble des économistes, d’ailleurs est-il lui-même économiste ? (source : http://www.lopinion.fr/edition/economie/pourquoi-deficit-public-restera-probablement-dessus-3-en-2017-52214 )

2.    Sur la situation mondiale, j’aurais aimé entendre une référence à la responsabilité des guerres « coloniales » qui se déroulent depuis de nombreuses années sous prétexte d’intervention humanitaire ou aux fins de liberté démocratique. Les conséquences de ces guerres se mesurent en termes de sang versé, d’accroissement de la pauvreté, de flux migratoires exponentiels et d'augmentaion massive des dépenses publiques…

3.    Concernant la situation de la France, que j’estime personnellement pire que celle décrite dans l’intervention, il me semble qu’il est bien facile de « charger » les socialistes par une analyse sans épaisseur historique. A ce propos, je saisis l’occasion de la parution, le 14 décembre, du Rapport sur le développement humain 2015 (RSDH) du Programme des nations-unies pour le développement (PNUD). Le PNUD calcule tous les ans, pour de nombreux pays, un Indice composite du développement humain (IDH) qui prend en compte la richesse par habitant (le PIB/habitant), l’enseignement-formation et la santé (espérance de vie). Le PNUD établit ensuite un classement des pays selon la valeur de leur IDH. En 1995, la France se situait au 2ème rang derrière le Canada(*). Par la suite, s'amorce une dégringolade dans le classement. Notre pays occupait le 12ème rang en 2000, puis le 20ème en 2012. Dans le rapport de 2015 qui donne les valeurs de l’IDH pour 2014, la France arrive en 22ème position derrière le Royaume-Uni, l’Islande, la Corée du Sud, Israël, le Luxembourg, le Japon, et la Belgique. Il faut rappeler que la France est censée être la 5ème ou la 6ème puissance mondiale. La dégringolade permanente dans le classement selon l’IDH, signe de la tiers-mondialisation de la France, révèle au grand jour la responsabilité des gouvernants qui se sont succédés à la tête de notre pays depuis des décennies. Le bipartisme de connivence (ou des copains) sauve peut être la République comme dimanche dernier, mais enfonce progressivement notre pays dans la misère.

4.    Nos dirigeants espèrent et attendent la croissance, panacée susceptible de régler tous les problèmes. Ils pratiquent le culte de la croissance comme les tribus océaniennes pratiquaient le culte du cargo. Pendant la deuxième guerre mondiale, les navires américains apportaient des biens manufacturés, de la nourriture… dans les îles d’Océanie. Les populations locales ignoraient tant la provenance que les processus de fabrication desdits biens. Quand les américains furent partis, les tribus, sous la conduite de quelques gourous, mirent sur pieds le culte du cargo qui, grâce à des cérémonies, des prières et toute sorte de rites, devait assurer le retour des cargos pleins de richesses. Nos dirigeants agissent de façon similaire avec la croissance. Sans doute bientôt organiseront-ils des cérémonies, des sacrifices, des périodes de jeûne… pour appeler au retour de la croissance.

5.     Pour conclure sur ce point, en tant qu’économiste, je suis très pessimiste sur l’avenir de notre pays qui fait face à une crise majeure : celle d’un système clientéliste généralisé, bientôt en cessation de paiements. La croissance, tant espérée, n’évitera pas la faillite. Seules des réformes structurelles radicales, comprenant notamment une profonde restructuration des élites, seraient en mesure de réorienter notre modèle sociétal vers le bien commun et vers le développement humain.

6.    A propos des orientations du budget de Talence :

a.     Les recettes de fonctionnement : une tendance à la baisse des recettes semble se dégager. Quel est la prévision du montant global des recettes et quelle évolution par rapport à 2015 ? Une petite remarque : le montant de la manne liée au stationnement payant (20 000 euros) apparaît bien maigre. Quel est le montant prévu des ressources générées par les amendes liées aux infractions ?
b.    Les recettes d’investissement sont exclusivement liées à la vente de bijoux de famille : les 9 090 000 € de la vente des terrains Georges Lasserre qui, selon le texte, couvriraient largement les dépenses d’investissement programmées.  Je ne partage pas cet optimisme et je crains que les investissements programmés, certes nécessaires, voient leur montant très fortement majoré notamment du fait de choix très discutables en matière de localisation et de conception.

c.     Pour conclure : l’avenir étant plutôt gris pour les finances locales, allez-vous procéder à l’augmentation des impôts locaux au-delà de celle liée à l’augmentation des bases qui est indexée sur l’inflation ? Au détour, je voudrais savoir qui, dans cette assistance, voit son salaire automatiquement aligné sur l’inflation ? 


(*) Lire un article antérieur sur ce sujet :
http://blog-conte.blogspot.fr/2013/03/la-france-en-marche-vers-le-tiers-monde.html