Le 19/08/2026
Lorsque j'étais en activité, j'ai été l'un des premiers (sinon le premier) à proposer un site Internet personnel qui incluait notamment des documents destinés aux étudiants. Lors de mon départ à la retraite, l'Université a fermé le site, a supprimé mon adresse mail, effaçant ainsi toute trace de mon passage.
Dans ce site, je publiais aussi des éditoriaux, des billets d'humeur...
J'ai retrouvé l'éditorial n° 18 qui traite de l'asymétrie de l'information ainsi que du capital social.
Les planteurs victimes du manque d'information et du défaut de capital social
Si l'on en croit les tenants de la " nouvelle " économie, le planteur africain n'obtient pas un prix rémunérateur pour ses productions parce qu'il est mal informé, il est victime d'une asymétrie de l'information (Akerlof, Stiglitz… ). En fait, si le planteur recevait tous les jours en temps réel les cours internationaux du cacao, du café, du coton…, étant parfaitement informé sur l'état de la demande, il pourrait obtenir un prix rémunérateur de la multinationale qui lui achète sa production. En conséquence, il faut abonner le planteur aux journaux financiers et même, le doter de l'Internet à haut débit, mais pour cela le planteur devra fouiller sa case pour dénicher les prises électrique et du téléphone.
Même bien informé, ledit planteur peut ne pas obtenir un prix
suffisant parce qu'il manque de capital social (ses " liens sociaux
sont insuffisants ") (Coleman, Bourdieu, Putnam…). Autrement dit, les
planteurs n'ont qu'à se regrouper, créer ou participer à
des réseaux pour pouvoir négocier efficacement avec les multinationales,
ils peuvent aussi, pour acquérir du capital social, adhérer
à une confrérie ou à une secte, se convertir, envoyer
leurs enfants dans les mêmes écoles que les dirigeants des
multinationales, fréquenter les clubs de dirigeants, jouer au golf,
fumer des havanes, passer leurs vacances à Cannes… Lorsque leur capital
social accumulé sera suffisant notamment grâce aux réseaux
bien établis, les planteurs pourront discuter d'égal à
égal avec la multinationale qui achète leur production, même
si le chiffre d'affaires de ladite multinationale représente un multiple
du PIB du pays dans lequel les planteurs vivent. Ainsi, l'échange
sera équitable.
En fait, les raisons de la pauvreté au Sud proviennent de l'asymétrie de l'information ou du défaut de capital social, les multinationales n'y sont pour rien !
Bernard CONTE
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