jeudi 23 juillet 2015

Le taux de chômage des immigrés en France

 Article repris du site de l’Observatoire des inégalités », LIEN


12 mai 2015 - Près d’un cinquième des immigrés actifs sont au chômage, contre 9 % des Français nés en France.

17,2 % des immigrés [1] actifs sont au chômage contre 9 % des Français nés en France, selon l’Insee (données 2013). Le taux atteint 21,2 % pour les actifs non-ressortissants de l’Union européenne.
Cet écart est d’abord lié au diplôme : les immigrés sont en moyenne moins qualifiés que les personnes nées en France. Dans notre pays, le titre scolaire compte plus qu’ailleurs pour trouver un emploi. En 2013, 45,3 % des immigrés de 15 à 64 ans disposent au maximum du brevet des collèges ou du certificat d’études primaire selon l’Insee, contre 28,1 % pour l’ensemble de la population vivant en France de cet âge.
Mais, comme le montre le ministère de l’Intérieur [2], à niveau de diplôme équivalent, le taux de chômage des immigrés demeure supérieur. 6,1 % des Français nés de parents français titulaires d’un bac sont au chômage, contre 18 % des immigrés non ressortissants de l’Union européenne, trois fois plus. Pour les titulaires d’une licence et plus, les chiffres sont respectivement de 4,7 % et 14,8 % (données 2011). Si les diplômes obtenus sont de même niveau, ils ne sont pas identiques : les enfants d’immigrés sont souvent orientés dans des filières dites « moins nobles », conduisant moins facilement à l’emploi [3]. Disposer d’un master de lettres modernes n’est pas équivalent à un diplôme d’ingénieur.
D’autres facteurs entrent en ligne de compte. Les immigrés ne disposent pas tous des mêmes réseaux de relations que les Français nés en France : rien de tel pour obtenir un poste que de connaître des personnes qui sont dans le même type d’univers professionnel. Or, les immigrés sont davantage représentés chez les ouvriers ou les employés. Les immigrés qui n’ont pas la nationalité française sont exclus d’environ 5,3 millions d’emplois (instituteur, policier, mais aussi architecte ou buraliste), un poste de travail sur cinq. Leur taux de chômage en est mécaniquement supérieur. Enfin, les immigrés subissent des discriminations. Elles restent plus difficiles à quantifier même si les opérations dites de testing prouvent leur existence. Leur impact sur le taux de chômage est moindre, mais elles sont ressenties de façon particulièrement violentes pour ceux qui les subissent.
Taux de chômage selon la nationalité et le sexe
Unité : %
HommesFemmesEnsemble
Français nés en France9,28,99,0
Immigrés17,017,517,2
- Dont ressortissants de l'Union européennens*ns7,4
- Dont non ressortissants de l'Union européenne20,721,921,2
Ensemble10,09,79,8
Union Européenne à 27 pays. * Non significatif.
Source : Insee - Enquête emploi- Données 2013 - © Observatoire des inégalités, France métropolitaine, population des ménages, personnes de 15 ans ou plus
Taux de chômage selon le diplôme et l'origine
Unité : %
Licence et plus Bac, BTS, DUT Brevet, CAP, BEP Sans diplôme 
Français de parents nés français4,76,18,914,1
Immigrés de l'Union européenne7,48,07,08,9
Immigrés hors Union européenne14,818,024,423,8
Source : ministère de l'Immigration - Données 2011 - © Observatoire des inégalités
Photo / © defun - Fotolia.com

Notes

[1Un immigré est une personne vivant en France, née étrangère hors de France, mais qui peut être de nationalité française. Un étranger est une personne qui n’a pas la nationalité française (elle peut être née en France).
[2« L’insertion professionnelle des immigrés et de leurs descendants en 2011 », Infos migration n°48, janvier 2013.
Date de rédaction le 27 novembre 2011
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