samedi 30 novembre 2013

Des nouvelles de Chypre



Mi-mars 2013, la petite île de Chypre apparaissait brutalement dans la presse économique en Europe, et démontrait à tout le monde que des expériences macro-économiques pas forcément amusantes étaient parfaitement réalisables en grandeur réelle. Passées les premières semaines d’atermoiements, les nouvelles économiques européennes sont revenues bien vite à leur train-train habituel de bidouillages monétaires un peu mous de Draghi et de constatations tristounettes de la Commission européenne sur une reprise qui n’en finit pas de ne pas venir.
Huit mois sont passés et s’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives de l’expérience chypriote, on a maintenant un peu de recul sur la valeur des actions entreprises. D’autant que, comme on va le voir, elles ont eu des effets adverses que peu de médias relatent, ce qui est dommage dans la mesure où ce qui s’est passé là-bas pourrait bien se reproduire ailleurs.
En attendant, on trouve bien quelques articles consacrés à Chypre, soit pour y dénoncer la difficulté de coopération fiscale, soit pour raconter lesbisbilles politiciennes entre l’actuel président et le directeur de la banque centrale. Pour ce qui est du plan de sauvetage qui fut appliqué, du point de vue européen, les efforts de Nicosie sont applaudis, quand bien même la population trinque.
Et pour trinquer, elle trinque.
Magie de l’internet, j’ai pu en discuter avec un Français installé sur place. Et de cette discussion, il ressort que l’opération menée en mars dernier fut non pas destinée à éviter le pire aux Chypriotes, mais plutôt à mitiger les ennuis pour toute une clique de néfastes aigrefins, pour partie composée de corrompus locaux, et surtout d’étrangers très gourmands (américains, allemands, français, anglais, notamment, on y reviendra plus tard). Comme par hasard, tous les comptes n’étaient pas pleins lorsque fut décidé le contrôle des capitaux dans l’île ; certains avaient eu l’information suffisamment en avance et ont pu s’exfiltrer sans casse. Du reste, on ne peut s’empêcher de noter que Chypre bénéficiait jusqu’alors d’un statut de havre fiscal que toute l’opération aura clairement remis en question. De ce point de vue, l’Europe aura servi de magnifique rouleau compresseur fiscal.

"Faire vivre la politique et non pas faire de la politique pour en vivre"...


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