lundi 23 janvier 2012

Intervention sur les orientations budgétaires 2012

Pour être bref, cette année je centrerai mon intervention sur la dette et sur les investissements.  

La dette : 
Tout d’abord, les chiffres nous indiquent, pour 2012, une augmentation prévisible du volume de la dette de Talence de 8,08 %, ce qui est significatif. Est-ce le signe d’un dérapage de la gestion revendiquée du « bon père de famille » ? La dette devrait augmenter de 2,291 millions €. A la fin 2012, chacun des 42 179 talençais se verra endetté de 55 € supplémentaire par l’équipe municipale dirigeante. Mais, vous allez me répondre que 55 € sont peu de choses. En effet, pour ce prix d’aucuns peuvent à peine commander une bouteille de vin acceptable pour accompagner leur repas au restaurant, mais pour d’autres talençais, 55 € représentent, à prix discount, 67 kilos de pâtes ou 40 kilos de riz (Carrefour discount : 0,82 € le kilo de pâtes et 1,39 € le kilo de riz). Cependant peu importe, s’ils manquent de pain, ces talençais n’ont qu’à manger de la brioche ! N’est-ce pas ? 

J’ai quelques remarques supplémentaires : 

1. Selon les chiffres, en 2012, la charge d’intérêts de la dette devrait augmenter de 8,25%. Il s’agit d’un chiffre élevé. Quelles sont les raisons de cette augmentation ? Est-ce par exemple parce que les taux des nouveaux emprunts, effectués en 2012, seront plus élevés ? Est-ce une conséquence des emprunts à taux variables déjà en portefeuille ? 

2. « On » nous informe que le taux d’intérêt moyen de « notre dette » est de 3,30%. Soit, mais quels sont les taux marginaux ? Le plus faible et le plus élevé ? 3. « On » nous signale que notre ville avait contracté en 2002 un emprunt sur 15 ans d’un montant de 770 495 €, indexé sur le franc suisse et assorti d’un taux d’intérêt de 4,17%. D’une part, je m’interroge sur l’objet de cet emprunt. D’autre part, je m’interroge sur l’utilité pour une commune française de contracter un emprunt indexé sur une devise étrangère. Enfin, il serait utile d’éclairer le conseil municipal de l’éventuelle existence d’autres emprunts « exotiques » dans l’encours de la dette de Talence. Y a-t-il, par exemple, des emprunts indexés sur (Ethiopie) le birr, (Ghana) le cedi, (Paraguay) le guarani, (Haiti) la gourde, (Mauritanie) l’ouguiya, (Macao) le pataca, (Qatar) le riyal, ou que sais-je ? 

Les investissements : 
Dans la section D (orientations en matière de dépenses d’investissement), il est stipulé dans la rubrique acquisitions foncières : « Inscription de crédits pour des opportunités foncières ». Cette formulation est plutôt vague, peut-on éclairer le conseil municipal sur ce point ? Combien ? Pour quelles éventuelles opportunités ? 
Dans la section E – Financement de ces investissements, les choses sont plus précises puisque il est indiqué : « cessions possibles pour 6 000 000 € », que comptez-vous encore vendre en 2012 ?

Pour conclure : 
D’une part, je reprends le vœu (c’est la période !) inscrit dans le document : « concernant le montant des emprunts contractés, nous souhaitons fortement stabiliser dès cette année le montant de l’encours ». On aurait pu s’attendre à un engagement plus affirmé ! Moi aussi, je « souhaite fortement que 2012 » ne marque pas la fin du monde. Cela ne m’engage pas non plus à grand-chose, il est vrai !

D’autre part, quelques lignes plus bas, on lit : « et nous poursuivrons notre effort pour que, dans le strict cadre de ses engagements, la Ville n’ait pas à recourir à une hausse des taux des impôts locaux ». A la lecture j’ai souri car c’est un parfait exemple de langue de bois. 

Alors, deux questions pour finir : 

1. Quels sont la nature et le contenu strict du « cadre des engagements de la Ville » et qui se cache derrière la « Ville » ? 

2. Allez-vous encore augmenter les impôts locaux en 2012 ? 

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