vendredi 26 décembre 2008

Talence : le parc auto municipal et le développement durable

Lors d’un conseil municipal, j’avais interrogé notre Maire sur les évolutions respectives du parc automobile municipal et de la consommation de carburants. Les informations requises m’ont été communiquées, partiellement incomplètes et portant sur une période plus brève que je le souhaitais, mais saluons l’effort de « transparence ».

A partir des données fournies, mon ambition est de vérifier la réalité de l’engagement dans le développement durable, revendiqué, haut et fort, par la Mairie.

1. L’évolution du parc automobile par type


Le nombre de véhicules municipaux est passé de 120 en 2006, à 150 en 2007 et à 160 en 2008. Entre 2006 et 2007, le nombre de véhicules s’est accru de 30 unités (25 %) et de 10 unités en 2008 (6,7%).



Evolution du parc automobile par type
(2006 – 2008)



Entre 2006 et 2008, le parc automobile municipal a augmenté de 40 unités :
- 19 deux roues,
- 7 véhicules de tourisme,
- 7 véhicules utilitaires,
- 5 fourgons,
- 1 minibus,
- 1 poids lourd
- 1 nacelle.
Il est à noter que le parc automobile comprend une caravane.
L’augmentation de 33,3% du nombre de véhicules entre 2006 et 2008 répond sans doute à un accroissement des besoins.


2. L’évolution du parc automobile par motorisation

L’engagement dans le développement « durable » se mesure dans le choix de la motorisation des véhicules : il s’agit notamment de privilégier l’électricité et le GPL .


Evolution du parc automobile par motorisation
(Nombre de véhicules)



Entre 2006 et 2008, il apparaît que les plus fortes progressions concernent le nombre de véhicules fonctionnant au gasoil (+ 52%), à l’essence (+ 39,1%). L’augmentation de 28,5% du nombre de véhicules électriques doit être relativisée, car elle correspond seulement à l’ajout de 2 véhicules. Le nombre de véhicules GPL reste constant (17).


Evolution du parc automobile par motorisation
(En pourcentage)


En 2008, 60% des véhicules municipaux fonctionnent à l’essence, 23,8% au gasoil, 10,6% au GPL et 5,6% à l’électricité.
Entre 2006 et 2008, la part de l’énergie électrique (moins 0,3 point) et du GPL (moins 3,8 points) sont en régression. Par contre, l’essence et le gasoil progressent respectivement de 1,5 points et de 2,6 points sur la même période.

Au total, l’engagement franc de la Mairie à privilégier les énergies « moins polluantes » ne ressort pas clairement de la structure de son parc automobile.


3. L’évolution de la consommation de carburants

Limiter, voire réduire la consommation d’énergie, est impératif pour diminuer la pollution atmosphérique. À Talence, l’évolution de la consommation de carburants de 2006 à 2008 est retracée dans le tableau suivant :


Quantités de carburants consommées de 2006 à 2008
(en litres
)



Pour 2008, les services de la Mairie m’ont communiqué l’état des consommations à la fin août (8 mois). Pour pouvoir comparer en années pleines, j’ai donc estimé la consommation annuelle de 2008 en prolongeant la tendance observée :
[(Quantité consommée à fin août 2008)/ 8 mois]*12 mois = consommation estimée en 2008


Variations annuelles des consommations en litres


Le tableau révèle une « explosion » de la consommation de carburants en 2008. En 2007 par rapport à 2006, les quantités consommées d’essence et de gasoil ont progressé respectivement de 8,6 % et 8,9 %, alors que le parc automobile s’accroissait de 25 %. En 2008, selon mes estimations, les quantités consommées devraient s’accroître de 14,4 % pour l’essence et de 25,1 % pour le gasoil, alors que le parc automobile municipal a seulement progressé de 6,7 %.

La surconsommation de carburants en 2008 suscite un certain nombre de commentaires et d’interrogations.

- N’étant pas justifiée par l’extension du parc automobile, l’augmentation de la consommation est-elle due à une activité « décuplée » des services municipaux, nécessitant des déplacements accrus ?


- La surconsommation est-elle engendrée par un mauvais réglage des moteurs ?

- La surconsommation provient-elle d’une évaporation excessive en raison du réchauffement climatique ?

- La surconsommation est-elle due à un défaut d’étanchéité des cuves de stockage ?

- L’augmentation des quantités consommées en 2008 va se traduire par un net alourdissement de la facture énergétique municipale, d’autant plus que les cours internationaux du pétrole étaient élevés.

lundi 15 décembre 2008

La monnaie unique africaine : rêve ou réalité

Radio France Internationale
Emission décryptage


Corinne Mandjou

Lundi 15 décembre 2008
Invité : Bernard Conte, maître de conférences à l'Université Montesquieu Bordeaux IV

La monnaie unique africaine : rêve ou réalité ?




Du 15 au 18 Décembre à Yaoundé, se tient la 1ère édition du congrès des économistes africains. Le thème principal sera le bilan du processus qui mènera vers la création de la monnaie unique africaine. L’occasion pour Décryptage de faire le point sur ce projet : quels sont les enjeux d’une monnaie unique en Afrique ? Quels sont actuellement les désaccords qui existent entre certains pays et certaines régions d’Afrique ? D’ici combien de temps la monnaie unique africaine est-elle sérieusement envisageable ?



mercredi 10 décembre 2008

Le côté obscur de la patinoire « sans glace »

A l’instar de notre gouvernement, la Mairie a compris que communiquer est plus important qu’agir. Outre le magazine local « Cité Mag », totalement à sa solde, elle utilise l’ensemble des supports d’information, le plus souvent complaisants, pour médiatiser à outrance la moindre de ses décision ou action.

Ainsi en est-il de la patinoire de Noël, vantée pour fonctionner « sans glace », c'est-à-dire très peu gourmande énergie. A travers ce projet, la Mairie voulait montrer à la population qu’elle n’a pas à recevoir de leçons d’écologie.

Mais voilà, la patinoire, parée de toutes les vertus, possède un côté obscur. En effet, la glace est remplacée par du Téflon, matériau dont on recouvre les poêles et les casseroles. Comme pour les crêpes dans la poêle, il faut un additif pour faciliter la glisse. Dans le cas de notre patinoire, cet additif est un produit chimique : le Glycol, généralement utilisé comme antigel. De l’antigel pour remplacer la glace peut paraître paradoxal, mais on se souviendra que, sous d’autres cieux, l’antigel a été utilisé comme additif à l’huile d’olive ou au vin blanc. De plus, lorsque les patineurs chutent, le Glycol imprègne leurs vêtements, ce qui les rend peut être plus isolants.

L’importante pluviométrie du début décembre a entraîné un « dérapage » incontrôlé. La pluie tombant sur le revêtement de la patinoire dilue et chasse le Glycol vers le sol, rendant la glisse difficile. En conséquence, il faut sans cesse pulvériser du produit chimique, qui s’évacue on ne sait où.

Ce « dérapage » a conduit à prendre la décision de couvrir la patinoire pour éviter les nouveaux débordements. Après une interruption de quelques jours, protégés par un chapiteau, les patineurs vont pouvoir, à nouveau, reprendre la glisse.

Malgré tout, même à plus faibles doses, il faudra continuer à pulvériser un produit chimique, nouveau, d’après mes informations. Sur l’étiquette du bidon dudit produit on peut lire :


- Ne pas employer le produit pour la lubrification ou la protection du matériel pouvant se trouver au contact direct des denrées alimentaires,
- Ne pas respirer les vapeurs,
- Utiliser seulement dans des zones bien ventilées,
- Conserver hors de portée des enfants…

Dès lors, on s’interroge sur le caractère vertueux de cette patinoire. Quelles peuvent être les conséquences du déversement de ce produit chimique sur l’environnement et sur les patineurs, qui sont pour la plupart très jeunes ?




Démontage


Remontage avec chapiteau



Le nouveau produit pour la glisse