mardi 1 juillet 2008

Quelle Europe ? Mais une Europe du consensus démocratique !

Bernard Conte a dit : « Je me sens profondément européen, mais quelle Europe ? Une Europe à 27, à 50 membres, extensible à l’infini ? » Mais je crois que tout le monde se sent profondément européen, mais faut-il préférer l’absence de construction européenne à une Europe de compromis que l’on ne veut absolument pas ? Le problème de l’extension de l’Europe est surtout institutionnel, la prise de décision ne peut se faire de la même façon à 6 et à 27. L’extension ne pourra se faire à l’infini : il n’y a pas encore 50 Etats en Europe, et les candidatures des pays extra-européens (Maroc, Israël) ont été clairement rejetées. Une Europe au service des populations ? Une Europe au service du capitalisme financiarisé ? Qu’est-ce que cela veut dire précisément quand on sort du langage démagogique à la Besançenot ? Une Europe simplement vassale des Etats-Unis ? Parce qu’elle a été justement incapable de se doter d’instruments autres qu’économiques, et notamment quand la France a refusé en 1954 la Communauté Européenne de Défense qui permettait d’être indépendante des Etats-Unis : on a eu l’OTAN… Une Europe puissance ? Et bien l’enjeu est là et il n’est pas très glamour, les peuples n’en voient pas l’intérêt, alors qu’une Europe puissance gagnerait à tous niveaux, en terme d’indépendance, de marges de manœuvre autonome, de sécurité,…

Avant de vouloir faire « avancer » l’Europe à n’importe quel prix, les populations devraient avoir le choix réel de la trajectoire. Or ce n’est pas le cas, puisque la Constitution a été concoctée par nos élites « éclairées » (à la bougie ?). C’est quoi ? De l’antiparlementarisme ? Le TCE avait été préparé pendant 2 ans par une assemblée composée de représentants de tous les parlements nationaux. C’est quand même cela la démocratie : un compromis. Cette Constitution jetée par la porte du référendum, en France et aux Pays-Bas, est revenue par la fenêtre de l’adoption parlementaire sous la forme du traité de Lisbonne. Heureusement, les électeurs irlandais ont fait le choix du rejet dudit traité. Mais nos élites politiques « bien pensantes » savent ce qui est bon pour les « masses populaires »… et ce Cons-Traité va réapparaître sous un autre déguisement.

Comme tu l’écris : « l’Europe n’avance plus, et qui n’avance plus a de fortes chances de reculer ». Cet argument fait appel au sens commun, comme le font souvent les néolibéraux pour justifier leurs choix : « travailler plus pour gagner plus »… Une telle démarche peut conduire à des absurdités : pour résoudre le problème de la faim dans le Monde, il n’y a qu’à donner des lits aux affamés car « qui dort dîne ! ». Tu caricatures : tu avais bien compris que mon raisonnement se fondait sur des observations historiques : c’est l’Europe des petits pas, mais des pas quand même..

Le « refus » de l’Europe serait le fait de « l’alliance de tous les conservatismes ». Là encore, tu fais appel à un argument facile qu’emploient les tenants de la « pensée unique ». La « vérité », tu nous le dis, est que l’Europe c’est bien, c’est le progrès, c’est le seul choix légitime !

Pour ceux qui oseraient contester cette vérité première, il y a deux options :
- ce sont des ignorants, ils n’ont pas compris, et, dans ce cas, il suffit de leur expliquer, de leur apprendre le catéchisme (néolibéral) ;
- ce sont d’horribles réactionnaires (cons de gauche ou de droite) dont l’avis n’est pas crédible…Peux-tu tout de même envisager que tous ceux qui ne sont pas de ton avis ne sont pas tous d’infâmes néolibéraux ? et qu’entre le noir et le blanc, il peut y avoir tout un camaïeu de grisés ?

Quant aux références aux révolutions françaises, je crois qu’il ne faut pas confondre libéralisme et liberté. Et bien si, historiquement les libéraux le sont dans tous les domaines, économique et politique. Cela mériterait un long débat. Je ferais simplement une allusion à Marx qui distinguait la liberté formelle et la liberté réelle. On n’est plus au temps du bourgeois Marx, et d’ailleurs, qu’avait-il vraiment compris de son temps : la révolution devait survenir en Angleterre…

Enfin, tu écris : « le problème est surtout qu’aujourd’hui, l’Europe me semble dans l’incapacité d’avancer sur le plan politique »… « chacun défend ses intérêts particuliers »… Certes, mais il ne faut pas oublier que la politique recouvre l’économique et le social. Si l’Europe telle que nous la proposent la Constitution et le traité de Lisbonne ne se contentait pas de vouloir mettre en concurrence les pays membres, les systèmes sociaux, les systèmes fiscaux, les salariés… pour aller vers les moins disants, les égoïsmes que tu soulignes, trouveraient un terreau moins fertile au sein des populations.

Dans ce contexte d’égalisation par le bas et de paupérisation du plus grand nombre (sauf pour les riches qui le deviennent encore plus), il apparaît difficile de dégager un consensus, sauf à être kamikaze. L’Europe dans sa construction historique a montré qu’elle était justement le contraire : un espace de sécurité et de développement possible : si non, comment expliquer les extensions successives et les candidatures actuelles ? C’est L’Europe qui a permis à l’Espagne, à L’Irlande, aujourd’hui aux pays d’Europe de l’Est de se développer, dans un mécanisme vertueux où tout le monde est gagnant.



Meiji
Jean-Luc Légeron

3 commentaires:

  1. Bonjour,
    si je vous suis bien Jean-Luc,

    1) Bernard a écrit "capitalisme financiarisé", c'est donc un Besancenot, un dangereux extrémiste de gauche. S'il avait écrit "immigré", vous l'auriez taxé de facho, de lepeniste...? Pas besoin d'autres arguments n'est-ce pas !

    2) Pour vous Marx était un "bourgeois", untel est un chômeur, untel a fumé du chit, untel a trompé sa femme, untel a fait un excés de vitesse, untel a bu un verre de vin, untel a pissé contre un mur... untel a menti a sa maman quand il était gamin... donc leur jugement, leur opinion sont sans valeur. Carton rouge, ils sont exclus du jeu !

    Bravo !

    Lou-stick

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  2. Jean-Luc a raison.
    Il faut faire l'Europe.

    L'Europe de la liberté où chacun sera libre de travailler le temps qu'il veut.

    L'Europe où les entreprises sont libres de produire sans toutes ces contraintes juridiques, fiscales et administratives.

    L'Europe où chacun pourra choisir sa couverture sociale.

    L'Europe où les gens seront incités à travailler et à ne pas rester chez eux en vivant de la sueur des autres.

    L'Europe avec moins de fonctionnaires qui coutent cher...

    Michel

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  3. Et la Turquie?
    Est-ce un pays extra-européen?

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