vendredi 13 février 2015

Orientations budgétaires 2015 : commentaires


Débat sur les orientations budgétaires 2015

Nous savons tous que le débat sur les orientations budgétaires est un pur exercice de style. Je remercie Monsieur l’adjoint aux finances pour sa présentation intéressante et illustrée de nombreux graphiques bien colorés.
Je ferai deux types de commentaires : d’abord sur la forme, puis sur le fond.

  1. La forme
Page 2 troisième paragraphe : « A la fin du 1er semestre 2014, le niveau d'endettement public a dépassé le seuil des 2.000 G€ soit 95,1 % du PIB ». Je présume que 2.000 signifie deux mille, sachant que le point n’est pas un séparateur de milliers. De plus G€ semble signifier gigaeuro, c'est-à-dire milliard d’euros. Donc 2.000 G€ peut se traduire par 2 000 milliards d’euros (ou peut-être 2 000 Gigots euros ?). Un problème de cohérence dans l’utilisation des unités se pose dès le 7ème paragraphe de la page 2 où on lit : « Cette réduction s'appuie sur un plan de 50 milliards d'économie entre 2015 et 2017 dont 21 milliards dès 2015 (14,5 M€ en 2016 et 2017) ». On passe du Giga au milliard et, en fin de citation, « 14,5 M€ » semble indiquer que M désigne des milliards. Si c’est le cas, au paragraphe 11  quelle est la signification de M : « Pour Talence c'est ainsi une perte de 970 k€ pour 2015 et une perte estimée à 3,3 M€ en cumulé 2014-2017 ». Doit-on lire que la perte pour Talence serait de 3,3 milliards d’euros ?
Au total, il apparaît qu’une harmonisation des unités employées soit nécessaire à la bonne compréhension du texte. De plus, il serait opportun de signaler la source des chiffres fournis. Ces premières remarques n’enlèvent rien à mon appréciation initiale concernant la présentation.

  1. Le fond
Il est vrai, comme le document le souligne fortement, que l’État impose l’austérité aux collectivités locales, mais cela n’est pas récent. Il convient de rappeler, par exemple, que dans un contexte politique différent, la dotation globale de fonctionnement (DGF) attribuée à Talence avait été réduite de 1,6% en 2011.
Par ailleurs, d’après les chiffres fournis, il s’avère que, malgré l’assèchement de la DGF, entre 2013 et 2014, les recettes de fonctionnement ont connu une augmentation de 258 k€, ce qui relativise un peu la noirceur du tableau qui nous est présenté.

Les dépenses de fonctionnement
L’objectif retenu de maîtrise des dépenses de fonctionnement méritera des commentaires lorsque nous sera présenté l’ensemble des mesures devant assurer ladite maîtrise ainsi que « le ciblage des actions communales et la sanctuarisation des actions prioritaires ». Pour l’instant nous n’en sommes qu’à la phase des incantations. Il sera intéressant de suivre les coupes budgétaires, claires dans certains secteurs et sombres dans d’autres, pour mettre à nu la politique de la municipalité. Comme j’ai pu l’écrire : « le masque de l’apolitisme va inévitablement tomber et dévoilera la réalité d’une municipalité de droite ».

Les investissements
L’objectif pour 2015 d’une augmentation de l’investissement de 40,3% apparaît bien ambitieux, mais ledit objectif sera-t-il atteint, c’est une autre histoire. Pour espérer réaliser le programme d’investissement, il faudra encore vendre des bijoux de famille, pour un montant net de 1 000 000 - 765 000 = 235 000 euros.  Il sera aussi nécessaire d’emprunter plus de 2 millions d’euros, ce qui fera certainement baisser le niveau de la dette municipale comme on nous affirme vouloir le faire.

La dette
Le contexte de faibles taux d’intérêt est favorable à la renégociation des prêts et à la baisse du fardeau de la dette… Il faudrait signaler qu’il s’agit d’un choc externe positif qui a peu à voir avec la bonne gestion qui est revendiquée.
On nous présente dans la diapositive n° 21 une série de ratios (encours de la dette par habitant, annuité par habitant…) avec une comparaison de la valeur de ces mêmes ratios pour la moyenne des villes appartenant à la même strate dans le but de mettre en lumière l’excellente santé de Talence. Néanmoins, cette comparaison flatteuse mérite quelques nuances.
Par exemple, depuis l’an 2000, la dette par habitant à Talence est passée de 198 € à  819€ (/hab) en 2013 , ce qui traduit une augmentation + 313,6% ? Pour mémoire, la dette par habitant à Pessac, ville voisine, est passée de 300€ en 2000 à 176 € en 2013, soit une réduction de 41,3%... Vous voyez qu’il faut nuancer.


Les recettes du budget : vers une augmentation programmée de la fiscalité locale :
Page 3 : « Ainsi les décisions nationales en matière de masse salariale, les dépenses des nouveaux rythmes scolaires, le FPIC, et les baisses de dotations représentent pour Talence un impact de près d'1,9 M€ représentant en fiscalité 6% d'augmentation des taux d’imposition des talençais pour la seule année 2015 et 9% si on ajoute les efforts déjà consentis en 2014. »
Cette phrase m’interroge. Elle semble impliquer que la seule cause des problèmes budgétaires de notre ville émane de l’action l’État, ce qui demande vérification. L’impact des contraintes « venues d’ailleurs » représenterait en fiscalité une augmentation des taux d’imposition de 6% des talençais en 2015 :
1°- s’agit-il de pourcentages ou de points ?
2°- cette phrase préfigure-t-elle une augmentation des taux inférieure aux chiffres donnés (6 ou 9% ?) ce qui vous permettrait de dire aux talençais : « voyez comme notre gestion est saine, on ne vous dépouille pas totalement, on vous laisse quand même les yeux pour pleurer ! ».

Alors, allez-vous augmenter les impôts ou bien pensez-vous, à l’instar du Téléthon, organiser un Budgethon pour Talence ?

http://proxiti.info/taxe-fonciere.php?o=33522&n=TALENCE

Faire vivre la politique et non pas faire de la politique pour en vivre...


1 commentaire:

  1. Bref compte rendu dans le journal Sud Ouest : « Volontarisme prudent »
    http://www.sudouest.fr/2015/02/13/volontarisme-prudent-1828923-3229.php

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