lundi 10 juin 2013

Indignons-nous, mais dignement !

 
 
Voici, mon commentaire à la motion présentée, lors du Conseil municipal du 10 juin 2013, par les élu(e)s de Talence à propos du projet de fermeture du bureau de Poste Santillane
 
Indignons-nous, mais dignement !


Tout d’abord, je dois dire que je m’associe à cette motion qui dénonce les dérives antisociales qui s’opèrent depuis plus de trente ans. Mais, je souhaite apporter quelques commentaires en trois points : l’indignation, l’ambiguïté et le consensus.

 1. L’indignation : le conseil municipal affirme « son indignation face à la fermeture du bureau de poste de Santillane ». Je sais que, depuis Stéphane Hessel et son « Indignez-vous ! », il est de bon ton de s’indigner. Mais est-ce suffisant ? Dans le Monde, les différents mouvements des « Indignés » se sont progressivement délités, disparaissant aussi vite qu’ils étaient apparus sur la scène médiatique, sans jamais avoir réellement réussi à faire aboutir une seule de leurs revendications. Mais, comme cette démarche semble encore de mise aujourd’hui, indignons-nous tous en cœur, mais dignement s’il vous plait !

 2. L’ambiguïté local-global ou l’hypocrisie des casquettes multiples. A titre personnel, je m’indigne du fait que certaines et certains qui s’indignent localement de la casse des services publics ne s’indignent plus et même approuvent, activement ou tacitement en s’abstenant, les textes de lois et les règlements qui sont adoptés tant à Paris qu’à Bruxelles dans le but de laminer lesdits services publics. À ce propos, en cette période de nombreuses commémorations, je tiens à signaler qu’à Talence nous avons oublié celle du 29 mai. Je rappelle que le 29 mai 2005, à une large majorité, le peuple français a rejeté la Constitution européenne. Le 4 février 2008, la souveraineté populaire a été violée par l’adoption illégitime du traité de Lisbonne grâce au vote de 560 élus et l’abstention « complice » de nombreux autres. Je suis certain que, parmi ces élu-e-s, il s’en trouve qui s’indignent aujourd’hui, haut et fort, de l’austérité, de la casse des services publics… imposées par cette Europe qu’ils ont largement contribué à imposer. J’en suis tout indigné !

 3. Le consensus. Le côté positif de la démarche, c’est le consensus qui se dégage au-delà des clivages politiques. Un tel consensus ne peut s’exprimer réellement qu’à l’occasion de crises très profondes, voire de conflits armés. À titre personnel, je pense que nous sommes en guerre, même s’il n’y a pas d’uniformes dans nos rues. L’ennemi, nous le connaissons, car il a été désigné par nos deux derniers présidents de la République. Alors, nous devons résister à cette guerre et à l’éventuelle tyrannie qui se profile. A l’instar du Conseil national de la résistance, dont nous avons récemment fêté le soixante-dixième anniversaire, nous devons résister jusqu’à la victoire, élaborer et proposer ensuite un projet susceptible de générer des jours heureux pour nous-mêmes et pour notre descendance, tout en sachant que les conditions actuelles de l’environnement économique, social, écologique, politique et humain sont loin d’être similaires à celles de l’époque.
 
 Soyons dignes de la confiance de nos enfants et de celle de nos petits enfants !!!
Bernard Conte

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