samedi 9 avril 2011

Leçon du Tiers-Monde

Je défends la thèse de la Tiers-Mondialisation de la planète. L'Europe est d'ailleurs en voie de Tiers-mondialisation (La Grèce préfigure la Tiers-Mondialisation de l'Europe, La Grèce et l'Irlande en voie de Tiers-Mondialisation). La gabegie des financiers a conduit les gouvernements, à leur solde, à accroître très fortement la dette publique que les populations asservies devront payer par leur paupérisation.

Comment sortir du piège de la dette ?

Il peut s'avérer utile de s'inspirer de l'expérience de pays du Sud qui ont déjà été soumis à l'esclavage engendré par la dette. Je vous propose aujourd'hui un discours de Thomas Sankara (que j'ai eu le privilège de rencontrer en 1987 à Ouagadougou) prononcé le 29 juillet 1987, à la 25e Conférence au sommet des pays membres de l’OUA (Organisation de l’Union Africaine) à Addis-Abeba, en Éthiopie, appelant à un front uni tous les pays africains contre la dette.

Quelques extraits :

"La dette ne peut pas être remboursée parce que d’abord si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre, si nous payons, c’est nous qui allons mourir. Soyons en sûrs également".

"Du reste, les masses populaires en Europe ne sont pas opposées aux masses populaires en Afrique mais ceux qui veulent exploiter l’Afrique, ce sont les mêmes qui exploitent l’Europe; Nous avons un ennemi commun".

"Monsieur le président, ma proposition ne vise pas simplement à provoquer ou à faire du spectacle, je voudrais dire ce que chacun de nous pense et souhaite. Qui, ici, ne souhaite pas que la dette soit purement et simplement effacée? Celui qui ne le souhaite pas, il peut sortir, prendre son avion et aller tout de suite à la banque mondiale payer ! Tous nous le souhaitons !"

"Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence". Sankara fut assassiné le 15 octobre 1987, trois mois après ce discours.

"Faisons en sorte également que le marché africain soit le marché des Africains: produire en Afrique, transformer en Afrique, et consommer en Afrique. Produisons ce dont nous avons besoin, et consommons ce que nous produisons, au lieu d’importer".

En Europe aussi, il faudra annuler la dette et nous n'échapperons pas à la mise en œuvre d'un protectionnisme - économique et écologique - apte à rétablir les conditions d'une concurrence loyale dans le respect de notre planète. Mais qui, parmi nos élites politiques, aura le courage d'affronter l'ennemi commun de l'humanité ?








"Faire vivre la politique et non pas faire de la politique pour en vivre"...

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