lundi 9 mars 2009

Commentaire sur les orientations budgétaires pour 2009

Lors de la séance du Conseil municipal du 9 mars 2009, Monsieur Cloup, adjoint aux finances, explique qu’il va être nécessaire d’augmenter les impôts locaux, contrairement aux promesses de campagne de notre Maire.

Voici le texte de mon intervention :

Les prévisions de recettes ne sont pas aussi alarmistes que Monsieur l’adjoint aux finances le laisse entendre. En reprenant les calculs, il s’avère que les principales recettes de fonctionnement prévues pour 2009 sont en augmentation de 2,77 % par rapport à 2008, c'est-à-dire 946 929 euros, soit presque 1 million d’euros.


Prévisions des principales recettes budgétaires de fonctionnement
(En €)

* estimation des services de la mairie


Ce surcroît de recettes attendu couvre largement l’augmentation des frais de personnel prévue en 2009 (4,17%) qui se chiffre à 810 000 euros. Si, par ailleurs, les autres dépenses de gestion sont contenues, voire réduites comme signalé dans le document, cela devrait permettre de faire face à l’augmentation de la charge de la dette (+ 2,88%) c'est-à-dire 86 000 euros.

Au total, nous avons un surcroît de recettes prévues (947 000 euros) qui couvre largement une augmentation des dépenses incompressibles (896 000 euros, personnel + charge de la dette), laissant même apparaître un solde positif d’environ 50 000 euros.

Alors pourquoi noircir le tableau, Monsieur l’adjoint aux finances ?

Sans doute pour éviter de s’attaquer à la réduction de certaines dépenses « clientélistes », caractérisées par un effet de cliquet (c’est-à-dire rigides à la baisse sous peine de future sanction électorale) ?

Il est évidemment plus facile d’augmenter les recettes, car la mémoire du contribuable est défaillante en période électorale. Il suffit de « justifier » sur le moment l’augmentation de la pression fiscale.

Ainsi, à la dernière page du document, on lit : « il sera peut-être nécessaire d’augmenter les taux des impositions ».
Là, je me suis dit : comme d’habitude, cela va être la faute à l’Etat, à la région, au département, à la CUB, à la tempête, au réchauffement climatique, etc.
Eh bien, non ! Le think tank (la boite à penser) et les spin doctors de la nouvelle équipe municipale sont vraiment très forts. Ils innovent sans cesse.
Ils nous disent aujourd’hui que cette augmentation programmée des impôts locaux n’est plus due à Pierre, à Paul ou Jacques, mais Alain.

Alain ! Tout de suite, j’ai espéré lire Alain Cazabonne, me disant que pour une fois, la bonne foi était de mise. Mes espoirs ont été déçus, car les spin doctors ont décidé que cette augmentation de la fiscalité serait due Alain-flation.

Là, j’ai souri, car selon les propos de Madame Christine Lagarde votre (pardon, notre) ministre des finances, propos qu’elle a tenus dans une interview au quotidien Métro et rapportés par l’agence Reuters le 2 mars 2009 : « En 2008, l’inflation a atteint 3,6%. En 2009, elle ne devrait pas dépasser 1% ». Dans cette hypothèse il ne sera pas nécessaire d’augmenter les taux d’impositions pour compenser tout ou partie de l’inflation.

Mais le think tank de l’équipe municipale est plein de ressources et il trouvera bien une autre raison pour justifier la hausse des impôts locaux. Néanmoins, je voudrais suggérer à vos spin doctors d’invoquer par exemple « l’effet papillon » de l’augmentation du prix du poil à gratter en Patagonie sur les finances de la ville de Talence.

Pour conclure, je demande à Monsieur le Maire et à son équipe d’avoir du courage…. Le courage de « mettre à plat » l’ensemble des dépenses municipales (avec le concours de l’opposition, pourquoi pas !) pour ne conserver que les dépenses qui s’avèrent contribuer réellement au bien-être des talençais(es).

Evidemment, cela suppose de tailler dans les dépenses clientélistes et, à court terme, cela peut entraîner du mécontentement parmi les bénéficiaires, mécontentement qui s’estompera au bout de quelques mois.

Alors, Monsieur le Maire, tournez-vous vers l’avenir et profitez de la crise profonde, dans laquelle nous nous enfonçons, pour changer les choses.

samedi 7 mars 2009

Canisites : lettre ouverte à Monsieur le Maire

Monsieur le Maire,

A la page 44 du Guide de la Mairie de Talence, édition 2008-2009, on lit : « Depuis 2002, la Mairie de Talence lutte contre les incivilités, en matière de propreté urbaine. Pour cela, elle a mis en œuvre des mesures générales contre […] les déjections canines sur la voie publique » qui sont un « fléau ».

Ainsi, en 2006, la Mairie a installé « cinquante distributeurs de sacs pour déjections canines dans tous ses quartiers » et mis à disposition 3 canisites où les propriétaires peuvent amener leur chien « faire ses besoins » dans les « squares Zola, Maran et rue Blanqui, ces espaces recouverts de sable sont nettoyés chaque jour et désinfectés régulièrement par les services de la Mairie ».

Plus loin, on lit : « si vous n’utilisez pas les sacs ou les canisites, vous encourez une amende de 11 euros (arrêté municipal du 15 mars 2006) ».

Monsieur le Maire, je souhaite connaître le coût de la politique canine municipale : d’une part, le montant global de l’investissement relatif à l’aménagement des trois canisites et des 50 distributeurs de sacs plastiques pour déjections et, d’autre part, le coût de fonctionnement annuel de ces dispositifs.

Monsieur le Maire, combien d’amendes de 11 euros ont été distribuées aux propriétaires contrevenants depuis 2006? A l’heure où la Mairie est à la recherche de recettes fiscales nouvelles, sachez que les trottoirs de nos rues recèlent des trésors. Ce matin, en longeant le trottoir de ma rue, j’ai pu décompter pour environ 150 euros de recettes parafiscales potentielles.

Veuillez agréer, Monsieur le Maire, l’expression de ma considération distinguée

Bernard CONTE
Conseiller municipal

Les photos qui suivent ne sont pas jointes au courrier adressé à Monsieur le Maire.

(crédits photos : CP).