samedi 30 janvier 2010

Débat sur les orientations budgétaires 2010


Voici le texte de mon intervention :


Monsieur l’Adjoint aux finances,

Vous avez tendance à considérer le débat sur les orientations budgétaires comme un exercice purement formel, un exercice de style en quelque sorte.

Permettez-moi de déplorer cette attitude. Le budget est un instrument éminemment politique dont la mise en œuvre est acte fort. Les orientations budgétaires doivent être l’expression annuelle d’un projet, d’un projet à long terme pour notre ville. Quel est votre projet pour Talence ?

Le document qui nous est soumis n’a pas de réelle ambition. Il se veut « apolitique », c’est-à-dire se conformant à des « recettes » de gestion universellement admises : une gestion de « bon » père de famille en quelque sorte. Sauf que le « bon » père de famille s’occupe en priorité du bien-être de ses enfants, ce qui ne ressort pas clairement de vos orientations budgétaires.

Pour résumer votre propos :
- nos recettes baissent, c’est la faute à l’Etat et à la crise
- nos dépenses ne peuvent être maîtrisées en raison de l’augmentation des dépenses de personnel et des nécessités impérieuses de l’action sociale. Nous maintenons notre effort vis-à-vis des associations.
- nos investissements impliquent la liquidation de notre patrimoine.

1. La faible augmentation des recettes…
Vous estimez l’augmentation des recettes de fonctionnement à 1,5% pour 2010. Vous précisez que « la ville souhaite éviter le recours à la fiscalité », après le relèvement des taux opéré en 2009. Quels sont vos pronostics pour 2011 ? Malgré le fait que (je vous cite) « la municipalité a conscience du poids représenté par la fiscalité locale sur les ménages talençais », augmenterez-vous les impôts locaux en 2011 ?

2. Implique la maîtrise des charges
Vous écrivez « la priorité est donc clairement orientée vers la maîtrise des charges ». Cette priorité que vous énoncez n’apparaît pas évidente si l’on se réfère aux chiffres : « l’augmentation globale des dépenses de fonctionnement devrait se situer aux alentours de 3,20% », pour rappel l’augmentation des dépenses réelles de fonctionnement a été de 1,82% en 2009. Je ne saisis pas clairement où se situe la maîtrise des dépenses, car le taux de croissance prévu des dépenses de fonctionnement en 2010 est presque doublé par rapport à 2009. Pouvez-vous nous dire quels sont les postes de dépenses que vous allez « maîtriser » en 2010 ?

Entrons dans le détail :
- les charges de personnel augmentent d’environ 2,5%, se fixant, en 2010, à hauteur de 20 350 000 €, soit 496 245€ de plus que l’année précédente.
- la subvention au CCAS est majorée de 500 000€
- les autres charges générales restent « stables, voire même en diminution ».
- Au total, l’augmentation des charges programmée est de 500 000 + 496 245 = 996 245€. Si l’on s’en tient à cette augmentation, les dépenses de fonctionnement programmées pour 2010 s’élèveraient à 40 647 866 (dépenses de fonctionnement 2009) + 996 245 = 41 644 111€, c’est-à-dire + 2,45%. Or, le document des orientations budgétaires indique une progression des dépenses de fonctionnement de 3,2% en 2010. Comment expliquez-vous ce hiatus (de 0,75 point) entre les deux taux ?

3. Les investissements ou déshabiller Pierre pour habiller Paul
Le document stipule : « pour maintenir un niveau raisonnable d’investissement… ». Je voudrais savoir ce que vous entendez, Monsieur l’Adjoint aux finances, par niveau raisonnable ? J’accepterai comme réponse un montant libellé en euro, en dollar, en roupie ou bien même en Birr.
La liste (le catalogue) des investissements me pose question. Comment ces investissements s’insèrent-ils dans une vision à long terme de notre cité ? D’ailleurs, on peut se demander si la municipalité a un projet à long terme pour Talence ? Il est vrai, comme le disait ironiquement Lord Keynes : « A long terme, nous serons tous morts». Oui, mais nos enfants et nos petits enfants seront à notre place, y avez-vous pensé ?
Enfin, j’ai particulièrement apprécié, dans votre prose, le passage sur l’autofinancement : « Cet autofinancement pourra être conforté par la cession d’une partie de notre patrimoine non affecté à un usage public ». Monsieur l’Adjoint aux finances, pouvez-vous nous citer des exemples d’éléments de notre patrimoine non affectés à un usage public et pouvant faire l’objet d’une cession à des acteurs privés, je suppose ?

Ne s’agit-il pas tout simplement de déshabiller Pierre pour habiller Paul ?
N’allez-vous pas léguer à nos enfants Talence en haillons ?

L'interview de talence33